Le voyant est au rouge. Un groupe d'économistes missionné par le gouvernement a rendu un diagnostic sévère sur l'état des finances publiques françaises : si rien ne change, le déficit public grimperait à 6,8 % du produit intérieur brut (PIB) en 2030, rapporte BFM Business. Un niveau très éloigné des engagements européens de la France.
Le scénario du pire
Ce chiffre correspond à ce que les économistes appellent un scénario « à politique inchangée » : si l'État continue sur sa lancée actuelle, sans nouvelles mesures d'économies ni de recettes. Or le déficit se situe déjà bien au-delà de la limite fixée par les règles européennes, qui prévoient de ne pas dépasser 3 % du PIB.
Laisser filer le déficit aurait un effet mécanique sur la dette publique, déjà parmi les plus lourdes de la zone euro. Plus le déficit se creuse, plus l'État emprunte, et plus la charge des intérêts pèse sur les budgets à venir. Un engrenage que les experts jugent intenable à moyen terme.
Un effort chiffré à 125 milliards
Pour ramener les comptes sur une trajectoire soutenable, la mission évalue l'effort nécessaire à environ 125 milliards d'euros d'ici 2032. Une somme considérable, qui devra être répartie entre l'État, la Sécurité sociale et les collectivités locales, et se traduire soit par des économies de dépenses, soit par des recettes supplémentaires, soit par une combinaison des deux.
La France s'est engagée, devant ses partenaires européens, à repasser sous la barre des 3 % de déficit à la fin de la décennie. Le rapport souligne à quel point cet objectif sera difficile à tenir sans décisions courageuses et rapidement mises en œuvre.
Un casse-tête politique
Le contexte rend l'exercice périlleux. Sans majorité stable à l'Assemblée nationale, le gouvernement doit composer avec des oppositions qui rejettent, chacune pour ses raisons, une bonne partie des pistes envisagées. Augmenter les impôts, réduire les dépenses sociales, tailler dans les budgets : chaque option se heurte à de fortes résistances.
Ce rapport tombe à un moment charnière, à quelques mois de la préparation du prochain budget. Il fournit aux uns et aux autres des arguments pour le débat à venir, qui s'annonce âpre. Une chose est sûre : le statu quo, prévient la mission, a un coût, et il grandit chaque année. Reste à savoir qui, et comment, acceptera de payer la facture du redressement.



