En plein cœur de l'été, Saint-Émilion devrait grouiller de visiteurs. Mais cette année, la canicule a changé la donne. Dans la célèbre cité viticole de Gironde, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, les ruelles pavées se sont vidées, et les commerçants s'inquiètent, rapporte franceinfo.
Un village écrasé de chaleur
Perchée à flanc de coteau, ses pierres claires réverbérant le soleil, Saint-Émilion se transforme, aux heures les plus chaudes, en fournaise à ciel ouvert. Les touristes, qui font pourtant vivre la commune, se font rares dès que le thermomètre s'affole. On les voit déserter les places et les terrasses, préférant l'ombre, la fraîcheur des chais ou tout simplement d'autres destinations.
Cette désaffection frappe de plein fouet une économie locale largement dépendante du tourisme estival. Restaurants, boutiques de souvenirs, caves de dégustation : tous vivent de ce flux de visiteurs qui, l'espace de quelques semaines, assure une bonne part des revenus de l'année.
Des commerçants sous pression
Dans les restaurants, l'ambiance n'est pas à la fête. Plusieurs professionnels rapportent une baisse marquée de leur fréquentation par rapport aux étés précédents, avec des salles clairsemées là où l'on refusait parfois du monde. Une chute de clientèle qui, si elle se prolonge, pourrait peser lourd sur des établissements déjà fragilisés par la hausse des coûts.
Face à cette situation, chacun s'adapte comme il peut. Les horaires se décalent pour éviter les pics de chaleur, certains commerces ferment aux heures les plus torrides pour rouvrir en fin de journée, quand l'air se rafraîchit et que les visiteurs osent à nouveau sortir. L'office de tourisme, lui, encourage les visites tôt le matin ou en soirée.
Le climat, nouvelle donnée du tourisme
Au-delà du cas de Saint-Émilion, cet été caniculaire pose une question de fond aux destinations patrimoniales du sud de la France. Les fortes chaleurs, appelées à se répéter avec le réchauffement climatique, bouleversent les habitudes des vacanciers, qui fuient les villes minérales et les sites sans ombre aux heures brûlantes.
Pour ces territoires, l'enjeu devient d'apprendre à composer avec le climat : végétaliser, créer des zones d'ombre et de fraîcheur, repenser les rythmes de visite. À Saint-Émilion, on espère surtout un répit météorologique et le retour des flâneurs. Car dans une cité dont le charme se savoure lentement, au fil des ruelles et des dégustations, une chose est sûre : la chaleur écrasante n'est l'amie ni du visiteur, ni du commerçant.



