Le Canada vit un été de feu. Une saison des incendies d'une intensité rare embrase le pays, où plus d'un million d'hectares sont déjà partis en fumée depuis le début de l'année. C'est le nord de l'Ontario qui concentre, ces jours-ci, les foyers les plus violents.

L'Ontario en première ligne

Dans le nord-ouest de la province, des dizaines de feux brûlent simultanément, dont une bonne part échappe encore au contrôle des secours. La forêt boréale, asséchée par le manque de pluie et attisée par la chaleur, s'embrase avec une facilité inquiétante.

Les conséquences sont dramatiques pour les habitants. Plusieurs communautés, dont des Premières Nations parfois accessibles seulement par voie fluviale ou aérienne, ont dû être évacuées, rapporte La Presse. Des routes ont été coupées, du trafic ferroviaire interrompu, et des habitations détruites. Un épisode a frappé les esprits : un train de marchandises s'est retrouvé encerclé par les flammes, son équipage réussissant à s'extraire sans blessure.

Toronto sous un ciel de cendre

La catastrophe ne se limite pas aux zones en feu. La fumée, transportée par les vents, a envahi les grandes villes du sud. Toronto a connu l'un des pires niveaux de qualité de l'air de la planète, devançant des mégapoles habituellement citées pour leur pollution. Les autorités ont multiplié les alertes sanitaires, invitant les habitants, en particulier les plus fragiles, à limiter leurs activités en extérieur.

Respirer un tel air, chargé de particules fines, n'est pas anodin : les experts comparent l'exposition prolongée à celle du tabagisme. Écoles, personnes âgées, malades chroniques : les recommandations de prudence se sont multipliées, dans un climat inhabituel de ciel jauni et de visibilité réduite.

Une fumée qui traverse les frontières

Le nuage de fumée ne s'arrête pas aux limites du Canada. Il a gagné le nord-est des États-Unis, où plusieurs États ont émis à leur tour des alertes à la qualité de l'air. New York et d'autres grandes villes américaines ont retrouvé ce ciel voilé désormais familier des étés récents, symptôme d'un phénomène devenu transfrontalier.

Ce scénario n'a plus rien d'exceptionnel. Depuis quelques années, les mégafeux canadiens se multiplient et s'intensifient, sous l'effet conjugué de la sécheresse, des vagues de chaleur et du réchauffement climatique, qui allonge et durcit la saison des incendies. Pour la France et l'Europe, spectatrices lointaines, ces images offrent un avertissement : la forêt boréale, immense réservoir de carbone, brûle de plus en plus, et ses fumées rappellent que le climat ne connaît pas de frontières.