Walmart vient d'annoncer le rachat de Vibe.co, une jeune pousse publicitaire née à Paris et désormais tournée vers le marché américain. L'opération, confirmée par le distributeur le 23 juin, illustre l'appétit des géants du commerce pour la publicité numérique — et la propension des réussites de la French Tech à finir dans l'escarcelle d'un mastodonte d'outre-Atlantique.
Deux Français, une cible : la TV connectée pour les PME
Derrière Vibe.co, deux figures de l'écosystème tech français : Arthur Querou, le PDG (ex-MotionLead et KMTX), et Franck Tetzlaff, directeur technique (passé par Doctolib et Frichti), selon Maddyness. Leur idée, lancée en 2021 : rendre la publicité sur TV connectée (CTV) aussi simple qu'une campagne sur les réseaux sociaux. La plateforme en libre-service vise les PME et marques de taille intermédiaire, leur permettant de diffuser un spot sur des services de streaming avec mesure de performance. Vibe revendiquait une croissance rapide et avait bouclé une série B de 50 millions de dollars en octobre 2025.
Un montant tenu secret
Walmart n'a pas dévoilé le prix de l'opération, précisant qu'elle reste soumise à l'examen antitrust et ne devrait pas peser sur ses prévisions de l'exercice 2027. Plusieurs médias spécialisés ont évoqué une valeur pouvant atteindre 1,4 milliard de dollars, non confirmée par les intéressés (montant À VÉRIFIER). Les deux fondateurs doivent rejoindre la régie Walmart Connect une fois la transaction finalisée, rapporte Variety.
Pourquoi Walmart veut sa part du gâteau publicitaire
La publicité est devenue l'un des relais les plus rentables de la grande distribution. Walmart muscle sa régie « retail media », qui monétise l'audience et les données d'achat de ses clients — une stratégie déjà engagée avec le rachat du fabricant de téléviseurs Vizio en 2024. En intégrant la technologie self-serve de Vibe, le groupe peut séduire des annonceurs plus modestes et renforcer le lien entre dépense média et ventes. L'enjeu est concurrentiel : face à Amazon Ads, dont la régie pèse des dizaines de milliards, Walmart cherche à bâtir un écosystème comparable.
Une énième pépite tricolore qui change de drapeau
Pour la French Tech, l'histoire a un goût doux-amer : elle valide le savoir-faire hexagonal en adtech, mais relance le débat sur ces start-up bâties en France qui, faute de relais de capitalisation locaux, finissent absorbées par des géants américains au moment de passer à l'échelle. La marque Vibe.co devrait être intégrée à l'arsenal publicitaire de Walmart, sous la houlette de ses fondateurs — mais désormais sous pavillon américain.



