Il aura suffi de quelques heures. Dimanche 19 juillet en milieu d'après-midi, un feu s'est déclaré sur la commune de Taradeau, à une poignée de kilomètres de Draguignan. Poussé par le vent et nourri par une garrigue asséchée par des semaines sans pluie, il a gagné du terrain à une vitesse que les secours ont mis longtemps à contenir. En début de soirée, le préfet du Var constatait que l'incendie avait « sauté » vers la commune voisine des Arcs-sur-Argens, franchissant une barrière que les pompiers espéraient tenir.
Soixante hectares à Taradeau, cent vingt aux Arcs
Le décompte, arrêté à un point de situation de 18 h 45, donne la mesure de la progression : une soixantaine d'hectares parcourus à l'est du village de Taradeau, puis cent vingt de plus sur le territoire des Arcs, soit 180 hectares au total pour un feu parti trois heures plus tôt seulement.
Aux Arcs, trois secteurs résidentiels ont été vidés de leurs habitants par précaution : Château Saint-Pierre, Font du Loup et le Plateau des Aires. Cent vingt personnes ont été accueillies dans un bâtiment municipal, tandis qu'à Taradeau une dizaine de maisons étaient évacuées à leur tour. Les bilans locaux font état de plus de cent trente personnes déplacées sur l'ensemble de la zone.
Une douzaine de maisons touchées
Les dégâts sur le bâti sont réels, sans être ceux d'une catastrophe : une douzaine d'habitations ont été atteintes par les flammes, dont quatre suffisamment endommagées pour que leurs occupants ne puissent pas y revenir à la levée du dispositif. Un sapeur-pompier a été légèrement blessé, brûlé à la main pendant les opérations.

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Un dispositif massif, au sol et dans les airs
L'engagement des secours a été à la hauteur de la vitesse du feu : 255 sapeurs-pompiers et 122 engins au sol, appuyés par cinq Canadair, quatre hélicoptères bombardiers d'eau dont un appareil lourd, et deux Dash. Des renforts venus des départements voisins sont montés en ligne dans la soirée, une pratique désormais habituelle dans le Sud-Est où les moyens circulent d'un feu à l'autre au fil de l'été.
La ligne Nice-Marseille coupée
Au-delà du bilan écologique, c'est la circulation qui a le plus touché le grand public. Le trafic ferroviaire entre Nice et Marseille a été fortement perturbé, la voie passant à proximité immédiate du front de flammes. En pleine période de chassés-croisés estivaux, des milliers de voyageurs se sont retrouvés bloqués un dimanche soir, avec des retards se comptant en heures. Plusieurs routes d'accès aux Arcs ont également été fermées.
Un été qui commence mal
Ce feu ne sort pas de nulle part. Le Var traverse un épisode sec prolongé, et la France doit affronter dans les prochains jours une nouvelle poussée de chaleur venue du sud, avec des pointes attendues autour de 40 °C dans le Sud-Ouest et le Sud dès le 20 ou 21 juillet. Ces conditions, vent et végétation desséchée réunis, sont exactement celles qui transforment un départ de feu banal en incendie de plusieurs centaines d'hectares.
Le département reste sous surveillance, et les secours conservent leurs moyens en alerte : dans ce type de configuration, un feu déclaré maîtrisé peut reprendre dès que le vent se lève à nouveau.



