Le principal syndicat patronal français hausse le ton : le Medef se dit « totalement opposé » au maintien, à l'horizon 2027, de la surtaxe exceptionnelle pesant sur l'impôt sur les sociétés (IS) des plus grandes entreprises. L'organisation redoute que cette mesure, présentée comme temporaire à sa naissance, ne s'installe durablement. (La formulation exacte de ces propos reste à confirmer à la source.)
Une contribution « exceptionnelle » née avec le budget 2025
La mesure est la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, instaurée par l'article 48 de la loi de finances pour 2025. Elle prend la forme d'une majoration de l'IS et cible les entreprises réalisant plus d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires, soit de l'ordre de 400 à 450 groupes. Conçue comme un prélèvement ponctuel, elle devait rapporter environ 8 milliards d'euros.
Une mesure déjà reconduite pour 2026
La promesse de temporalité a vite été mise à l'épreuve : la contribution a été prolongée pour 2026, avec un seuil rehaussé à 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires, pour un rendement attendu d'environ 7,3 milliards d'euros selon la FIPECO. C'est ce premier renouvellement qui nourrit la crainte du patronat : ce qui était présenté comme exceptionnel pourrait devenir un rendez-vous fiscal récurrent. À ce stade, aucune décision n'a été prise pour 2027 : il s'agit d'une crainte exprimée par une partie prenante, non d'un dispositif voté.
Recettes contre compétitivité
Le contexte budgétaire explique la tentation d'une reconduction : face à un déficit élevé, l'État cherche des recettes, et les bénéfices des très grandes entreprises constituent une assiette visible. À l'inverse, le Medef et plusieurs analystes mettent en avant le risque pour l'attractivité — avec la surtaxe, la France afficherait l'un des taux d'imposition des bénéfices les plus élevés de l'OCDE. Le Sénat avait d'ailleurs tenté de la supprimer, jugeant qu'elle envoyait un mauvais signal. En l'état, la contribution est en vigueur pour 2025 et reconduite pour 2026 ; sa prolongation en 2027 relève de l'hypothèse, dans l'attente du futur projet de loi de finances.



