C'est une page du commerce en ligne français qui se tourne. Le site Rakuten France, que beaucoup ont connu sous le nom de PriceMinister, fermera à la fin de l'année 2026, faute de repreneur, rapporte Le Monde. Une disparition lourde de symbole pour un service qui fut, au tournant des années 2000, l'un des visages de l'e-commerce hexagonal.

D'un pionnier français à une filiale japonaise

PriceMinister avait été lancé en 2000 par Pierre Kosciusko-Morizet et ses associés. Le principe, novateur à l'époque : une place de marché permettant aux particuliers de vendre et d'acheter, entre eux, biens neufs et d'occasion. Le site s'est rapidement imposé comme une référence, incarnant la promesse d'un commerce en ligne accessible à tous.

En 2010, le géant japonais Rakuten rachète l'entreprise, avec l'ambition de bâtir un grand acteur européen du e-commerce, rappelle Numerama. PriceMinister prend ensuite le nom de sa maison mère. Mais le rêve d'un empire capable de rivaliser avec les mastodontes du secteur ne se concrétisera pas.

Broyé par les géants

Le modèle de la place de marché généraliste s'est heurté à une concurrence écrasante. D'un côté, Amazon, installé de longue date et doté d'une logistique redoutable ; de l'autre, des plateformes, notamment asiatiques, capables de casser les prix. Coincé au milieu, Rakuten France a vu son audience et son nombre de clients s'effriter année après année, loin derrière les leaders du marché.

Le groupe avait déjà, au fil des années précédentes, fermé ses places de marché dans plusieurs pays européens. La France était l'un des derniers bastions. Faute d'offre de reprise jugée satisfaisante, la décision est tombée : l'activité de vente en ligne s'arrêtera fin 2026. Environ 180 salariés sont concernés, selon les éléments rapportés par la presse.

Rakuten ne quitte pas totalement la France

La fermeture du site marchand ne signifie pas le départ complet du groupe. Rakuten conserve en France d'autres activités, dans des domaines plus stratégiques pour lui : la liseuse et le livre numérique (Kobo), le streaming (Rakuten TV), la messagerie (Viber), ou encore la publicité et les technologies de télécommunications. C'est bien la marketplace grand public, héritière de PriceMinister, qui disparaît.

Au-delà du cas Rakuten, cette fermeture illustre une réalité plus large : la difficulté, pour les acteurs européens du e-commerce, à exister face à la domination des plateformes américaines et asiatiques, même lorsqu'ils bénéficient d'une marque installée et d'une histoire déjà longue. Pour les vendeurs et les clients fidèles du site, il faudra, d'ici la fin de l'année, se tourner vers d'autres solutions.