Faire des économies tout en « modernisant » la rémunération des cadres de l'État : c'est l'équation que le gouvernement cherche à résoudre en relançant la rémunération au mérite dans la haute fonction publique. L'idée consiste à conditionner une part des primes des cadres à l'atteinte d'objectifs annuels.
Ce que prévoit la mesure
Le dispositif s'appuie sur un outil existant, le Rifseep, qui comprend une part fixe (IFSE) et une part variable liée à la performance (le complément indemnitaire annuel, CIA). C'est cette part variable que l'exécutif veut davantage adosser à des résultats mesurables : l'administration fixerait « cinq ou six objectifs annuels maximum, avec des indicateurs et un calendrier », assortis d'une pondération, selon un rapport de la Cour des comptes publié le 18 février 2026 à la demande du Sénat.
Quel périmètre
Le périmètre central est l'encadrement supérieur de l'État. La rémunération à la performance « a surtout profité aux cadres dirigeants », relève Acteurs publics : 98 % des administrateurs de l'État étaient soumis au Rifseep en 2024. La part variable peut être substantielle — jusqu'à 19 % de la rémunération annuelle pour les préfets et secrétaires généraux de ministère. La part de prime qui serait effectivement « conditionnée » dans un futur texte n'est toutefois pas arrêtée publiquement.
Un objectif budgétaire assumé
L'enjeu d'économies est explicite. Fin 2025, Matignon avait chargé trois inspections générales d'évaluer l'ensemble des primes et indemnités des agents publics, en visant des économies « substantielles ». La Cour des comptes suggère une voie « la plus neutre budgétairement » : financer la modernisation par redéploiement plutôt que par dépenses nouvelles.
Réactions et stade de la mesure
Le sujet est socialement sensible : les organisations syndicales dénoncent de longue date une politique salariale défavorable aux agents, et la première lettre de mission sur les primes aurait suscité de vives réactions. Il faut enfin souligner le stade : une partie de ce qui est présenté comme une volonté gouvernementale relève en réalité de recommandations de la Cour des comptes et de travaux du Sénat, que l'exécutif soutient mais qui ne se sont pas encore traduites par un texte chiffré ni un calendrier officiel. On parle, à ce stade, d'une orientation plus que d'une mesure aboutie.



