Le fleuron français du tourisme de proximité s'apprête à changer de mains. Le groupe Pierre & Vacances-Center Parcs (PVCP) a confirmé faire l'objet d'une offre de rachat émanant de la société d'investissement émiratie Mubadala Capital, portant sur la totalité de ses actions. Une opération qui valoriserait l'exploitant des villages Center Parcs et des résidences Pierre & Vacances autour d'un milliard d'euros.
Qui est le repreneur
Mubadala Capital est la branche de gestion d'actifs liée à Mubadala, l'un des grands fonds souverains d'Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis. Présent dans le capital-investissement et l'immobilier à l'échelle mondiale, le groupe émirati ferait, avec cette acquisition, son entrée dans un acteur de référence du tourisme européen. Si l'opération aboutit, PVCP passerait, selon l'expression employée par la presse, « sous pavillon émirati ».
Le montant et les modalités
Selon les informations rapportées par l'AFP et plusieurs médias économiques, Mubadala Capital propose 1,90 euro par action, assorti d'un complément possible de 0,10 euro en cas de retrait de la cote. Ce prix représenterait une prime de plus de 40 % par rapport au cours qui précédait, en juin 2025, le lancement de la revue stratégique du groupe.
L'offre a reçu le soutien du conseil d'administration ainsi que des trois principaux actionnaires de PVCP : les fonds Fidera et Benefit Street Partners, aux côtés de l'investisseur immobilier français Atream. Ensemble, ils détiennent 58,6 % du capital, un socle qui sécurise largement la transaction. Le calendrier précis (seuils d'acceptation, dépôt formel et visa de l'AMF) reste toutefois à confirmer.
Un groupe redressé
PVCP n'est plus l'entreprise en difficulté du début de la décennie. Après une restructuration financière lourde et le changement d'actionnariat de 2022, le groupe a renoué avec la croissance, avec un chiffre d'affaires économique de l'ordre de 1,95 milliard d'euros pour l'exercice 2024/2025. L'enseigne Center Parcs a même inauguré en 2025 son premier domaine en Scandinavie. Pour Mubadala, l'attrait est clair : un portefeuille d'actifs touristiques et immobiliers résilients, adossés à une clientèle européenne fidèle.
Les enjeux
Le passage sous contrôle émirati d'un acteur aussi visible que Center Parcs ne sera pas neutre. Il pose la question classique de l'ancrage des capitaux étrangers dans le tourisme français, secteur sensible en matière d'emploi, d'aménagement du territoire et de foncier. Un retrait de la Bourse de Paris, s'il se confirme, soustrairait par ailleurs le groupe aux obligations de transparence des sociétés cotées. Resteront à surveiller la position des salariés et des élus locaux des territoires accueillant les domaines, ainsi que d'éventuelles conditions des autorités de concurrence.



