Trente-trois hommes ont été interpellés en France en l'espace de quelques jours, dans le cadre d'une opération nationale visant des personnes soupçonnées d'avoir téléchargé un même fichier pédocriminel. Le coup de filet, coordonné par l'Office des mineurs (OFMIN), illustre la montée en puissance des unités spécialisées dans la traque des contenus d'abus sexuels sur enfants diffusés en ligne.

Une opération à l'échelle nationale

Créé fin 2023, l'OFMIN est l'unité de la police judiciaire dédiée à la protection des mineurs. C'est lui qui a piloté cette opération, en s'appuyant sur les services de police et de gendarmerie locaux. Au total, une centaine d'enquêteurs ont agi quasi simultanément dans 28 départements, du Nord au Rhône en passant par le Haut-Rhin, le Calvados ou la Mayenne. Plusieurs parquets, dont celui de Nanterre, à l'origine de l'enquête, ont confirmé des placements en garde à vue.

Les hommes interpellés sont d'âges et de milieux très divers — actifs comme retraités, de la trentaine à près de quatre-vingts ans. Une partie d'entre eux était déjà connue de la justice pour des faits comparables, les enquêteurs ayant priorisé les profils jugés les plus à risque.

Un fichier comme point de départ

L'enquête est partie d'un signalement technique transmis par des partenaires étrangers, permettant d'identifier les connexions ayant téléchargé un fichier précis. Ce mode opératoire est devenu la norme dans la lutte contre la pédocriminalité en ligne : les plateformes et les autorités, notamment américaines, signalent les contenus repérés, à charge ensuite pour chaque pays de mener ses propres investigations selon son droit.

D'après France 3 Hauts-de-France, le contenu visé est une vidéo particulièrement violente impliquant de très jeunes victimes, qui circule de longue date sur des espaces clandestins du réseau.

Des suites judiciaires rapides

Une fois l'opération bouclée, plusieurs dossiers ont été renvoyés sans délai devant la justice : convocations en comparution, contrôles judiciaires dans l'attente d'un procès, selon les aveux et les antécédents de chacun. Au-delà des chiffres, l'affaire confirme le rôle de coordination opérationnelle joué par l'OFMIN, devenu en deux ans le point d'entrée central de ce type d'enquêtes en France.