L'État s'engage : financement public acté
Dans une lettre aux présidents des régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine, le Premier ministre Sébastien Lecornu a confirmé que la ligne à grande vitesse (LGV) Bordeaux-Toulouse sera financée exclusivement par des fonds publics, écartant le partenariat public-privé longtemps redouté par les élus locaux. L'engagement de l'État est qualifié d'« irréversible », et Carole Delga, présidente de l'Occitanie, y voit une victoire.
Un projet à 14 milliards d'euros
La LGV Bordeaux-Toulouse, branche du Grand Projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO), représente un coût estimé à 14,3 milliards d'euros (valeur 2020), susceptible d'approcher 16 milliards avec l'inflation (À VÉRIFIER). Le tracé d'environ 220 km ramènerait Bordeaux-Toulouse à moins d'une heure (contre 2h05), pour une mise en service visée vers 2032 (À VÉRIFIER). La clé de financement annoncée : 40 % État, 40 % collectivités, 20 % Union européenne (sous réserve), un protocole signé le 7 mai prévoyant un premier versement de 820 millions d'euros.
Une opposition tenace
Pour financer la part locale, une taxe spéciale d'équipement (majoration de 0,4 % de la taxe foncière) s'applique à quelque 2 340 communes proches d'une future gare — l'un des points les plus contestés. Malgré le rejet de plusieurs recours par le Conseil d'État, seize associations ont déposé un nouveau recours en avril contre l'autorisation environnementale, dénonçant un projet « destructeur » et « financièrement incertain » ; environ 200 élus avaient réclamé fin 2025 la suspension de la consultation. La critique porte aussi sur l'artificialisation de milliers d'hectares.
Désenclavement ou gabegie ?
Les partisans mettent en avant le désenclavement de Toulouse, quatrième métropole française encore à l'écart du réseau à grande vitesse, et un report modal de l'avion vers le train. Les opposants rappellent les réserves du Conseil d'orientation des infrastructures sur la rentabilité, et plaident, à l'heure de la contrainte budgétaire, pour la rénovation du réseau existant. L'annonce de Lecornu clôt le débat sur le financement ; elle ouvre celui, plus rude, de la mise en œuvre.



