Un rapport d'inspection sur les défaillances ayant entouré l'affaire Lyhanna a été remis lundi matin à Matignon, au Premier ministre Sébastien Lecornu. Établi par l'Inspection générale de la justice (IGJ) et l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN), ce document met en évidence une série de manquements dans le suivi d'une procédure antérieure au drame. Il place le gouvernement sous pression, alors que l'enquête judiciaire se poursuit.
Lyhanna avait disparu fin mai dans le Gers ; son corps a été découvert début juin. Un homme, Jérôme Barella, est mis en cause dans cette affaire. À ce stade, il bénéficie de la présomption d'innocence : il n'a fait l'objet d'aucune condamnation.
Ce que dit le rapport
Le rapport relève une « perte de temps » et une « absence de suivi », mettant en cause à la fois le parquet d'Auch et la gendarmerie de Condom. Les inspecteurs se sont penchés en particulier sur le traitement d'une plainte déposée à l'été 2025 pour des faits de viol sur mineure visant le même homme. Selon ces sources, cette plainte n'aurait pas été traitée comme prioritaire, et le mis en cause n'aurait pas été entendu durant plusieurs mois. L'identité précise de la plaignante d'août 2025 et le détail de la chronologie restent à confirmer.
Des défaillances reconnues au plus haut niveau
Les manquements avaient déjà été admis publiquement. Le directeur général de la Gendarmerie nationale, le général Hubert Bonneau, avait reconnu un « échec » dans le traitement de la plainte ; le procureur général près la Cour de cassation, Rémy Heitz, avait pour sa part évoqué « un échec collectif ». Le rapport interroge aussi les moyens de la justice locale, le parquet d'Auch disposant d'effectifs jugés insuffisants.
Un gouvernement sous pression
La remise du document intervient dans un contexte de forte attente. L'affaire alimente un débat plus large sur le traitement des signalements et des violences sexuelles commises sur des enfants, et sur les moyens accordés à la justice de proximité.
Où en est la procédure
Jérôme Barella a été mis en examen et placé en détention provisoire. Selon France 3 Occitanie, l'administration pénitentiaire envisageait son placement à l'isolement, sous surveillance renforcée, en raison d'un risque suicidaire jugé important. Il convient de rappeler que le mis en cause est, à ce stade, présumé innocent : aucune juridiction ne s'est prononcée sur sa culpabilité. L'enquête, confiée à un juge d'instruction, se poursuit pour établir les circonstances de la mort de la fillette.



