Si votre propriétaire vous annonce une augmentation de loyer cet été, il existe un chiffre qui la plafonne, et il vient d'être publié. L'indice de référence des loyers du deuxième trimestre 2026, diffusé le 10 juillet, s'établit à 148,37 en métropole. Sur un an, il progresse de 1,15 %.
Ce que ce pourcentage veut dire
L'IRL sert de plafond légal à la révision annuelle des loyers d'habitation. Concrètement, un bailleur ne peut augmenter le loyer, au titre de la révision annuelle, que dans la limite de cette variation, soit 1,15 % en métropole ce trimestre.
C'est une protection à double sens. Elle garantit au locataire que la hausse ne dépassera pas ce seuil, et elle rappelle au propriétaire que le loyer n'évolue pas librement en cours de bail. Après plusieurs années où l'inflation avait poussé l'indice nettement plus haut, cette progression de 1,15 % traduit le net ralentissement des prix.
Les valeurs sont un peu différentes hors métropole : l'indice s'établit à 146,22 en Corse et à 146,94 dans les régions et départements d'outre-mer.
La révision n'est ni automatique ni rétroactive
Deux règles souvent mal comprises méritent d'être rappelées.
La révision doit être prévue par le bail. Sans clause de révision dans votre contrat, le loyer ne peut pas être augmenté en cours de bail, même si l'indice progresse. Vérifiez ce point avant toute chose.
Elle intervient une fois par an, à une date précise. C'est la date inscrite au bail, ou à défaut la date anniversaire du contrat. Le propriétaire ne peut pas réviser à un autre moment.
Point capital pour votre portefeuille : la révision n'est pas rétroactive. Si votre bailleur oublie d'appliquer la hausse à la date prévue et s'en aperçoit des mois plus tard, il ne peut pas vous réclamer l'arriéré sur toute la période écoulée. La loi lui donne un an pour agir à compter de la date de révision ; passé ce délai, il perd le bénéfice de l'augmentation pour l'année concernée.
Comment vérifier le calcul
La formule est simple et vous pouvez la contrôler vous-même. Le nouveau loyer se calcule ainsi : loyer en cours multiplié par le nouvel IRL, divisé par l'IRL du même trimestre de l'année précédente.
En pratique, l'application du taux de 1,15 % au loyer actuel donne directement le plafond. Sur un loyer de 800 euros, la hausse maximale autorisée ce trimestre est donc d'environ 9,20 euros par mois. Si l'augmentation qu'on vous propose dépasse ce montant, elle n'est pas conforme, et vous êtes fondé à la contester par écrit.
Le cas des logements mal classés
Une exception importante concerne les passoires thermiques. Pour les logements dont le diagnostic de performance énergétique est classé F ou G, la révision du loyer est gelée : le propriétaire ne peut pas l'augmenter, quel que soit l'IRL. C'est une mesure destinée à inciter à la rénovation, et elle joue en faveur des locataires des logements les moins performants. Si vous êtes dans ce cas, vérifiez le classement DPE de votre logement avant d'accepter une hausse.
En résumé
Le chiffre à retenir est 1,15 %. C'est le maximum, pas un dû : une révision suppose une clause au bail, une date précise, et un logement qui n'est pas une passoire thermique. En cas de doute sur le montant qu'on vous réclame, refaites le calcul et demandez le détail par écrit avant de payer.



