La biotech française Bionyra Pharma a officialisé, le 22 juin 2026, une levée de fonds de 143 millions d'euros, soit environ 165 millions de dollars. Selon Maddyness, il s'agit de la plus grosse série A jamais bouclée par une biotech française, et de l'une des plus importantes d'Europe depuis le début de l'année.

Qui est Bionyra ?

Basée à Paris, avec une présence aux États-Unis, Bionyra est une société très jeune, créée fin 2025 et lancée publiquement en juin 2026. Cofondée avec le fonds Sofinnova Partners, elle est dirigée par Frédéric Marrache. La biotech s'attaque aux formes sévères des maladies à médiation immunitaire et inflammatoire, partant d'un constat : pour les patients les plus atteints, plus de la moitié répondent insuffisamment aux traitements existants, malgré l'arrivée de biothérapies sur ce segment.

Ce que finance la levée

Plutôt que de partir d'une recherche académique, Bionyra a bâti son portefeuille en acquérant les droits de molécules déjà engagées en développement clinique. D'après L'Info Durable, le pipeline compte trois candidats-médicaments : un anticorps monoclonal acquis auprès de l'américaine NovaRock Biotherapeutics, ciblant la dermatite atopique (eczéma) sévère ; et deux molécules acquises auprès de la chinoise TrueLab Biopharmaceutical, destinées aux maladies inflammatoires chroniques de l'intestin. Les fonds doivent permettre de lancer les premiers essais cliniques entre 2027 et fin 2028. Le chemin jusqu'à une éventuelle commercialisation reste long : la direction évoque six à huit ans entre les premiers essais sur l'homme et une autorisation de mise sur le marché.

Des investisseurs lourds

Le tour de table est piloté par deux fonds français spécialisés dans la santé, Jeito Capital et Sofinnova Partners. Y participent aussi Arkin Bio, Sanofi Ventures (le bras d'investissement du géant pharmaceutique français), Sixty Degree Capital, Vives Partners et Apollo Health Ventures. La présence de Sanofi Ventures et d'investisseurs internationaux signale l'intérêt de l'écosystème pour ce modèle d'« acquisition-accélération ».

Ce que cela dit de la biotech française

Dans un secteur où les levées européennes ont souvent reculé ces dernières années, le montant atteint par Bionyra fait figure de signal positif. Il illustre la capacité de fonds français à mobiliser des tickets de niveau international dès la série A, et la montée d'un modèle où des entrepreneurs expérimentés constituent rapidement un portefeuille en rachetant des molécules à l'étranger plutôt qu'en partant de zéro. Reste à transformer l'essai : la valeur réelle de Bionyra se jouera dans les résultats des essais cliniques attendus à partir de 2027.