Pour les amateurs de Quentin Tarantino, c'est un petit événement. « Kill Bill : The Whole Bloody Affair », la version intégrale qui fond en un seul film les deux volumes de Kill Bill, ressort au cinéma, rapporte Franceinfo. Un montage longtemps resté confidentiel.

Un film pensé comme un seul bloc

À l'origine, Tarantino avait conçu l'histoire de la Mariée en quête de vengeance comme une œuvre unique. Jugée trop longue, elle avait finalement été découpée en deux films, sortis à quelques mois d'intervalle : Kill Bill : Volume 1 en 2003, puis Volume 2 en 2004. Un choix commercial, mais qui ne correspondait pas tout à fait à l'intention initiale du cinéaste.

« The Whole Bloody Affair » réunit ces deux volets en une seule projection, longue d'environ quatre heures et demie. Pendant des années, cette version n'a été montrée que très rarement, notamment lors d'un passage remarqué au Festival de Cannes en 2006, puis dans quelques projections privées, ce qui en avait fait une sorte de graal pour les cinéphiles.

Ce que change la version longue

Au-delà du simple assemblage, cette édition intégrale réserve quelques différences notables. La fameuse bataille contre les « Crazy 88 », présentée en noir et blanc dans le Volume 1 (un choix qui avait aussi permis d'atténuer la violence à l'écran), y est donnée dans une version différente. La séquence animée retraçant l'enfance d'O-Ren Ishii serait par ailleurs rallongée, densifiant encore la mythologie déployée par le film.

Autant de retouches qui font de cette version bien plus qu'une curiosité pour complétistes : une autre façon de vivre l'un des films les plus stylisés du cinéaste.

Tarantino, une œuvre au compte-gouttes

Cette ressortie intervient à un moment particulier de la carrière de Quentin Tarantino. Le réalisateur, fidèle à l'idée d'une filmographie limitée, entretient depuis longtemps le suspense autour de son prochain, et peut-être dernier, long-métrage, dont les contours ont plusieurs fois changé.

En attendant, revoir Kill Bill dans sa forme la plus ample est une bonne manière de mesurer l'énergie et la maîtrise formelle d'un cinéaste qui a marqué toute une génération de spectateurs. Sabre au clair, la Mariée n'a rien perdu de son tranchant.