C'est une libération à forte charge symbolique. Le pasteur protestant chinois Ezra Jin, également connu sous le nom de Jin Mingri, a été libéré et est arrivé aux États-Unis, rapporte RFI. Une issue rare pour l'une des grandes figures des Églises protestantes indépendantes de Chine.
Une Église née en marge du pouvoir
Ezra Jin avait fondé en 2007 l'Église de Sion (Zion Church), à Pékin. En quelques années, cette congrégation non officielle avait rassemblé plusieurs milliers de fidèles, devenant l'une des plus importantes « églises de maison » du pays. Ces communautés, qui refusent de s'enregistrer auprès des structures religieuses contrôlées par l'État, évoluent dans une zone grise, tolérées un temps puis réprimées.
En 2018, les autorités avaient ordonné la dissolution de l'Église de Sion. Mais le mouvement avait poursuivi ses activités autrement, en se réorganisant en réseau : cultes en visioconférence et petits rassemblements disséminés dans une quarantaine de villes chinoises.
Une arrestation dans une vague de répression
À l'automne 2025, le pasteur avait été interpellé, accusé d'« usage illégal de réseaux d'information », une qualification qui vise notamment l'organisation de cultes non enregistrés et la diffusion de contenus religieux en ligne. Son arrestation s'était accompagnée de celle d'autres pasteurs et fidèles, dans plusieurs provinces et à Pékin.
Cette opération s'inscrit dans un durcissement plus large. Depuis des années, Pékin renforce son contrôle sur les religions au nom de leur « sinisation », poussant les communautés indépendantes à se dissoudre ou à intégrer les structures officielles.
Un dossier devenu diplomatique
La libération d'Ezra Jin dépasse le seul cadre religieux. Selon plusieurs médias, la question de son sort avait été évoquée au plus haut niveau : le président américain Donald Trump avait indiqué avoir soulevé, lors d'un déplacement à Pékin au printemps, le cas d'un pasteur chrétien détenu, identifié par la presse américaine comme étant Ezra Jin.
Sa libération illustre ainsi la manière dont la liberté religieuse peut devenir un objet de négociation entre grandes puissances. Pour les nombreux fidèles et responsables d'églises de maison restés en Chine, souvent exposés à de nouvelles poursuites, elle offre un répit symbolique, sans lever les inquiétudes de fond sur la place laissée aux cultes non officiels.



