La tension ne retombe pas en Bolivie. La police a arrêté Vicente Salazar, l'un des principaux dirigeants du mouvement de contestation qui secoue le pays, rapporte Le Monde. Figure de la fédération paysanne Túpac Katari de La Paz, il était l'un des visages des blocages de routes qui ont asphyxié l'économie bolivienne pendant des semaines.

Un dirigeant paysan dans le viseur de la justice

Vicente Salazar fait l'objet de poursuites en lien avec l'organisation des barrages. La justice bolivienne a également accepté des plaintes visant d'autres figures de la contestation, dont l'ancien président Evo Morales et le responsable syndical Mario Argollo, accusés d'avoir encouragé les blocages. La fédération Túpac Katari a dénoncé une « criminalisation » de la protestation sociale.

Des semaines de blocages et une économie à genoux

Le pays traverse l'une de ses pires crises économiques depuis des décennies. À l'origine de la colère : la suppression, fin 2025, des subventions aux carburants, qui a fait flamber les prix et nourri une pénurie d'essence et de devises. Pendant près de deux mois, des barrages routiers ont bloqué la circulation, provoquant des pénuries de nourriture, de médicaments et de carburant à travers le pays.

Le bilan humain est lourd : selon les organisations de défense des droits et la presse locale, une vingtaine de personnes ont perdu la vie au cours des manifestations et des affrontements, certaines faute d'avoir pu être évacuées à temps, les routes étant coupées.

Un pouvoir sous pression

Élu en octobre 2025, le président Rodrigo Paz a décrété l'état d'urgence le 20 juin, donnant à l'armée les moyens de dégager les axes bloqués. Mais si les routes ont été rouvertes, la crise de fond, elle, demeure : les manifestants réclament toujours le rétablissement des subventions, des hausses de salaires et, pour une partie d'entre eux, le départ du chef de l'État.

L'arrestation de Vicente Salazar marque une nouvelle étape dans l'épreuve de force. Elle risque, préviennent ses soutiens, de raviver une contestation que le pouvoir peine à éteindre, dans un pays andin durablement fragilisé.