C'est un conflit qui monte à l'ombre des tours de la cathédrale. Depuis l'entrée en vigueur de nouvelles règles de réservation pour les visites guidées de Notre-Dame de Paris, les guides conférenciers indépendants expriment leur colère, rapporte BFMTV.
Un nouveau cadre pour gérer l'affluence
Depuis sa réouverture, fin 2024, après l'incendie de 2019, Notre-Dame connaît une affluence spectaculaire, avec des dizaines de milliers de visiteurs chaque jour. Pour tenter de canaliser ce flux, la cathédrale a mis en place un système encadrant plus strictement les visites guidées professionnelles : réservation obligatoire à l'avance, créneaux limités et quotas par guide.
Sur le principe, l'objectif de régulation d'un lieu de culte redevenu l'un des monuments les plus visités de France est compréhensible. Mais dans la pratique, les professionnels estiment que le dispositif a été pensé sans tenir compte de la réalité de leur métier.
Des guides qui redoutent pour leur activité
Les guides conférenciers indépendants dénoncent des contraintes qui réduisent drastiquement le nombre de visites qu'ils peuvent assurer. Selon eux, les délais de réservation imposés sont incompatibles avec les habitudes des touristes, qui organisent souvent leur programme quelques jours seulement avant leur venue, et non plusieurs mois à l'avance. Résultat : certains professionnels affirment avoir vu leur activité à Notre-Dame s'effondrer, comme le rapporte France 3 Île-de-France, qui évoque des baisses très importantes du nombre de visites.
Au-delà des chiffres, c'est la reconnaissance de leur expertise qui est en jeu. Beaucoup redoutent que ce cadre, en compliquant l'accès des petits groupes accompagnés, ne favorise de fait les grands opérateurs et les formules standardisées, au détriment des visites guidées « à taille humaine ».
Un dialogue à trouver
Du côté de la cathédrale, on met en avant un travail engagé de longue date et la volonté de faire évoluer le dispositif au fil des retours. Les responsables assurent maintenir le dialogue avec les représentants de la profession.
Reste que, pour l'heure, la grogne ne faiblit pas. Les guides réclament des ajustements concrets : des délais de réservation raccourcis, des quotas revus à la hausse et une meilleure prise en compte de leur travail. Entre la nécessaire protection d'un monument fragile et fréquenté et la préservation d'un métier, Notre-Dame doit trouver un équilibre qui, pour l'instant, lui échappe encore.



