C'est l'un des plus beaux trésors de la littérature française qui rejoint le domaine public. Le fonds Albert Camus, longtemps conservé par la famille de l'écrivain, a été acquis par l'État et intègre le département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France (BNF), annonce l'institution.
Un fonds acquis pour 9 millions d'euros
L'acquisition, réalisée pour 9 millions d'euros avec le soutien des mécènes Hermès et CIC, réunit un ensemble considérable réparti dans quelque 225 boîtes d'archives : manuscrits, correspondance, articles et photographies, détaille ActuaLitté.
La pièce maîtresse est le manuscrit de « L'Étranger », le seul manuscrit de travail connu de ce roman paru en 1942, devenu depuis un classique lu et étudié dans le monde entier. Le fonds rassemble aussi carnets, journaux et une abondante correspondance, autant de traces qui permettent d'entrer dans la fabrique de l'œuvre.
Des faux papiers de la Résistance
Au-delà de la littérature, le fonds conserve des documents liés à l'engagement de Camus, notamment de la période clandestine : le quotidien Le Monde évoque ainsi la présence de faux papiers, souvenirs de l'époque où l'écrivain participait à la Résistance et animait le journal Combat à la Libération.
Ces pièces rappellent que l'auteur de La Peste n'était pas seulement un penseur de l'absurde et de la révolte, mais aussi un homme profondément engagé dans les combats de son temps.
Du dépôt d'Aix à la BNF
Une partie de ces archives était déjà accessible : depuis 2000, un ensemble de documents avait été déposé par la famille à la médiathèque Méjanes, à Aix-en-Provence, ville chère à l'écrivain. Le reste demeurait dans le cercle familial. En rejoignant la BNF, l'ensemble se trouve désormais réuni au sein d'une grande institution nationale, garante de sa conservation et de son accès aux chercheurs.
Camus, une œuvre toujours vivante
Prix Nobel de littérature en 1957, mort prématurément dans un accident de voiture en janvier 1960, Albert Camus laisse une œuvre dense, de L'Étranger à La Chute, en passant par La Peste et le roman inachevé Le Premier Homme. Son entrée dans les collections de la BNF ouvre un immense chantier pour les chercheurs, et promet de nouvelles lectures d'un écrivain qui n'a jamais cessé de parler à ses lecteurs.



