Un cri d'alarme du secteur
« La pire crise depuis plus d'un demi-siècle » : c'est en ces termes que le PDG de Foncia, cité par franceinfo, décrit la situation de l'immobilier français. Un constat sévère, émanant d'un acteur majeur de la gestion locative — donc à replacer dans sa perspective, mais que corroborent plusieurs données officielles.
Des chiffres qui inquiètent
Côté construction neuve, les mises en chantier sont tombées à un niveau historiquement bas, très en dessous des moyennes des années précédentes, selon les statistiques publiques. Dans l'ancien, les Notaires de France ont enregistré un net recul des transactions et une baisse des prix sur la période récente. (Les chiffres exacts varient selon les périmètres et les mois ; ils sont à considérer comme des ordres de grandeur.)
Signe des temps : une part importante de propriétaires bailleurs envisagent de retirer leur bien du marché locatif, découragés par la fiscalité, les contraintes de rénovation énergétique et une rentabilité jugée insuffisante.
Les causes de la panne
Trois facteurs se conjuguent :
- des taux d'intérêt encore élevés (autour de 3 %), qui limitent la capacité d'emprunt des ménages ;
- une demande freinée par le coût du crédit et l'attentisme ;
- des promoteurs qui gèlent leurs projets face à des coûts de construction élevés et un manque de visibilité.
Le résultat est un cercle vicieux : moins de constructions, une offre locative qui s'érode, et des tensions accrues sur l'accès au logement.
Des signes de stabilisation… fragiles
Tout n'est pas noir : le marché de l'ancien montre des signes de reprise, avec une remontée des volumes de ventes et des prix qui se stabilisent. Mais cette embellie reste fragile, suspendue à l'évolution des taux et au contexte politique et économique.
Un enjeu de société
Au-delà des chiffres, c'est l'accès au logement — pour les jeunes, les classes moyennes, les ménages modestes — qui est en jeu. Les professionnels réclament un choc de simplification et un soutien à la construction. Sans redémarrage durable des mises en chantier, la pénurie de logements risque de s'aggraver. ActuBrief continuera de suivre ce dossier structurant.



