Il y a des trésors qui se cueillent à la surface de l'eau. À Aigues-Mortes, dans le Gard, la récolte estivale de la fleur de sel attire chaque année curieux et gourmets, rapporte Franceinfo.
Une pellicule de cristaux
La fleur de sel n'est pas un sel comme les autres. C'est une fine couche de cristaux qui se forme à la surface des marais salants, sous l'effet conjugué du soleil, de la chaleur et d'un vent léger. Contrairement au gros sel, qui se dépose au fond des bassins, elle affleure, fragile et délicate, et se récolte à la main, avec précaution, pour ne pas l'abîmer.
C'est ce caractère artisanal et cette rareté qui en font un produit d'exception, prisé des cuisiniers comme touche finale d'un plat, pour sa texture croquante et sa saveur subtile.
Des marais aux couleurs irréelles
Le décor, lui, participe pleinement du spectacle. En Camargue, les marais salants se parent de teintes surprenantes, du rose au rouge, dues à des micro-organismes qui prospèrent dans ces eaux très salées. Sous le soleil du Midi, ces vastes étendues deviennent des tableaux vivants, que les visiteurs viennent photographier et admirer.
Aigues-Mortes, cité médiévale ceinte de remparts, a bâti une partie de son histoire et de son identité sur cette activité salicole, ancrée dans le paysage depuis des siècles. La visite des salins fait aujourd'hui partie des incontournables de la région à la belle saison.
Un savoir-faire, une fierté
Derrière la fleur de sel, il y a des femmes et des hommes, les sauniers, dépositaires d'un savoir-faire transmis de génération en génération. Lire le ciel, guetter le bon moment, intervenir avec les bons gestes : la récolte relève d'un art autant que d'un métier, où l'expérience compte plus que la machine.
Pour les habitants, cette production est bien plus qu'une activité économique : c'est un symbole du territoire, un motif de fierté. « Ça représente un peu notre ville et notre région », résume-t-on sur place, une formule qui dit l'attachement à ce patrimoine vivant.
L'été, saison de tous les regards
Chaque été, la récolte devient donc un rendez-vous, où se croisent le travail des sauniers et la curiosité du public. Un moment où le tourisme et la tradition se rencontrent, sans que l'un dénature l'autre, pour peu que l'équilibre soit préservé.
En dégustant une pincée de fleur de sel, on savoure ainsi bien plus qu'un condiment : un peu de soleil, de patience et de mémoire d'un coin de Camargue, où le sel continue de s'écrire à la main.



