C'est un tournant dans l'une des affaires criminelles les plus suivies de ces dernières années. Cédric Jubillar, condamné en première instance pour le meurtre de son épouse Delphine, a reconnu sa responsabilité dans sa mort, après cinq ans de dénégations, rapporte Le Parisien.
Un aveu par courrier
Selon les informations rapportées et confirmées par ses conseils, Cédric Jubillar a formulé cette reconnaissance de responsabilité dans un courrier manuscrit adressé à ses avocats, début juillet. Une prise de parole inédite, de la part d'un homme qui, depuis le début, clamait son innocence.
D'après ses avocats, ce revirement serait le fruit d'une relation de confiance nouée depuis leur reprise récente du dossier. Il reviendrait aussi sur son engagement à indiquer où se trouve le corps de son épouse, un élément qui, s'il se confirme, serait décisif.
Retour sur une disparition
Delphine Jubillar, infirmière et mère de deux enfants, avait disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn. Son corps n'a jamais été retrouvé, ce qui a rendu l'enquête et le procès particulièrement complexes, faute de scène de crime établie.
En 2025, la cour d'assises du Tarn avait condamné Cédric Jubillar à trente ans de réclusion criminelle, tout en maintenant qu'il continuait de nier les faits. Il avait fait appel de cette condamnation.
Ce que cet aveu pourrait changer
La reconnaissance de responsabilité intervient à quelques semaines de l'ouverture du procès en appel, attendu à l'automne à Toulouse, rappelle France Bleu. Elle est susceptible de bouleverser le calendrier et la conduite des débats, et pourrait donner lieu à de nouveaux actes d'enquête, notamment si des recherches devaient être menées pour retrouver le corps.
La justice, saisie de ces éléments, a fait savoir qu'elle entendait agir sans tarder pour tout ce qui serait utile à la manifestation de la vérité.
Une onde de choc
L'annonce a provoqué une vive émotion, dans une affaire qui a durablement mobilisé l'opinion. Parmi les personnes qui avaient cru en son innocence, plusieurs ont exprimé leur désarroi. Du côté des proches de Delphine, l'espoir d'obtenir enfin des réponses, et de pouvoir lui rendre un dernier hommage, se fait jour.
Dans ce dossier douloureux, la retenue reste de mise : au-delà des éléments désormais publics, c'est à la justice qu'il appartiendra d'en tirer les conséquences, dans le respect des droits de chacun et de la mémoire d'une femme dont la disparition a bouleversé tout un pays.



