Nouvelle étape dans un feuilleton financier suivi de près. La cour d'appel de Paris a donné gain de cause à Vincent Bolloré dans le contentieux sur la scission du groupe Vivendi, rapporte Le Monde.

Rappel : le démantèlement de Vivendi

Fin 2024, Vivendi a été scindé en plusieurs sociétés désormais cotées séparément : Canal+, le groupe de communication Havas, Louis Hachette Group (édition et presse), et un Vivendi allégé. Une opération d'ampleur, présentée comme un moyen de mieux valoriser chacune des activités, mais aussitôt contestée par une partie des actionnaires.

Le nœud du litige : fallait-il une OPA ?

Le cœur du contentieux portait sur une question précise : Vincent Bolloré exerçait-il un contrôle de fait sur Vivendi ? Des actionnaires minoritaires, emmenés par le fonds activiste CIAM, estimaient que oui, et que l'homme d'affaires aurait donc dû lancer une offre publique d'achat (OPA) pour racheter leurs titres, plutôt que de procéder à un découpage qui, selon eux, les lésait.

Dans son arrêt, la cour d'appel a écarté cette thèse : elle a considéré que le contrôle de fait n'était pas caractérisé, dispensant Bolloré de toute obligation d'OPA, confirme 20 Minutes.

Une bataille loin d'être close

Cette décision constitue une victoire pour Vincent Bolloré, mais elle ne clôt pas nécessairement le dossier : les minoritaires disposent de la possibilité de se pourvoir en cassation pour poursuivre la procédure. Le feuilleton judiciaire pourrait donc connaître de nouveaux rebondissements.

Un enjeu qui dépasse le seul actionnariat

Au-delà de la technique boursière, ce dossier touche à une question sensible : celle du poids du groupe Bolloré dans le paysage médiatique français, à travers ses participations dans les entités issues de Vivendi. Les débats autour de la concentration des médias et de l'influence de leurs actionnaires restent, en France, un sujet vif.

La décision de la cour d'appel apporte une réponse sur le terrain du droit boursier, sans éteindre les interrogations, plus politiques, sur la recomposition de ces grands ensembles. Un dossier à suivre, tant sur le plan judiciaire que sur celui, plus large, de la vie des médias.