Le projet d'euro numérique, en discussion depuis sa présentation par la Commission européenne en 2023, vient de franchir une étape décisive. Le 23 juin 2026, la commission des Affaires économiques et monétaires (ECON) du Parlement européen a adopté le rapport fixant le cadre légal de cette future monnaie numérique de banque centrale, selon CoinDesk.

Une précision s'impose : il s'agit à ce stade d'un vote en commission, pas en séance plénière. Le passage en plénière est attendu dans les prochaines semaines (À VÉRIFIER), avant l'ouverture des négociations en « trilogue » entre Parlement, Conseil et Commission. Le vote ECON lève néanmoins l'un des principaux obstacles politiques accumulés depuis trois ans.

Qu'est-ce que l'euro numérique ?

Il ne s'agit ni d'une cryptomonnaie ni d'un stablecoin privé. L'euro numérique serait une monnaie de banque centrale émise par l'Eurosystème, au même titre que les billets. Comme le rappelle la Banque centrale européenne, « un euro numérique vaudrait toujours un euro », sans la volatilité des cryptos. Conçu comme un complément des espèces, il aurait cours légal et son usage de base serait gratuit pour les particuliers. Le compromis prévoit deux versions : en ligne et hors ligne, cette dernière permettant des transferts directs sans connexion, avec une confidentialité « proche de celle du cash ».

Pourquoi maintenant : la souveraineté des paiements

L'argument central est stratégique : près des deux tiers des transactions par carte de la zone euro transitent par des sociétés non européennes, essentiellement Visa et Mastercard. Le projet vise aussi à contrer la montée des stablecoins adossés au dollar. « Nous ne pouvons plus accepter que les paiements numériques dépendent largement de quelques fournisseurs étrangers », a déclaré l'eurodéputé Markus Ferber, cité par CoinDesk.

Les garde-fous, et les critiques

Le texte prévoit un plafond de détention par utilisateur, fixé par la BCE et encore à arrêter (le chiffre de 3 000 € circule de longue date — À VÉRIFIER), rappelle MoneyVox. Objectif : éviter une fuite massive des dépôts des banques commerciales. Les banques conserveraient leur rôle d'intermédiaires rémunéré. Côté vie privée, l'anonymat total n'est pas retenu, pour des raisons de lutte contre le blanchiment.

Le projet reste contesté : les banques de détail redoutent une désintermédiation, le débat sur la confidentialité est récurrent, et plusieurs voix s'interrogent sur l'utilité réelle d'un nouvel instrument dans une zone déjà bien dotée en moyens de paiement numériques.

Le calendrier

La phase préparatoire de la BCE s'est achevée fin 2025. Une phase pilote est envisagée, et une première émission n'est pas attendue avant 2029 (À VÉRIFIER), sous réserve de l'adoption définitive du texte. Le chemin législatif n'est donc pas terminé : les négociations en trilogue devront encore trancher les points les plus sensibles, à commencer par le fameux plafond.