La CFDT tient son congrès confédéral à Bordeaux, un rendez-vous qui rythme tous les quatre ans la vie de la première organisation syndicale française. Selon l'AFP, quelque 1 654 délégués sont attendus pour voter le rapport d'activité, adopter une résolution programmatique et élire le bureau national pour les quatre années à venir.
Une réélection sans suspense
À 49 ans, Marylise Léon est assurée d'être reconduite à la tête de la confédération. Elle avait succédé en 2023 à Laurent Berger, dont elle était la numéro deux, dans une transition organisée et sans crise interne. Son maintien ne fait pas débat : aucune candidature concurrente ne lui est opposée.
La CFDT aborde ce congrès en position de force. Première organisation syndicale du pays depuis 2018, elle revendique environ 642 000 adhérents fin 2025 et une représentativité de 26,58 % dans le secteur privé, d'après les chiffres rapportés par l'AFP. Le syndicat a regagné des forces dans le sillage du mouvement contre la réforme des retraites de 2023.
La cotisation, le vrai point de tension
Le débat le plus concret porte sur l'argent. La direction propose de relever le taux de cotisation, qui passerait de 0,75 % à 0,95 % du salaire. L'objectif affiché : garantir l'autonomie financière de l'organisation et financer une participation accrue des adhérents à sa vie démocratique.
Marylise Léon justifie cette évolution par l'afflux de nouveaux membres après 2023 et par leur attente d'être davantage associés aux décisions. Mais toucher au porte-monnaie des adhérents reste un sujet sensible : c'est sur ce point, et non sur la tête de liste, que se cristallisent les discussions de délégués.
Retraites : un attachement réaffirmé
Contrairement à ce que pourrait laisser penser l'actualité sociale, la question des retraites ne fait pas l'objet d'un débat frontal au congrès. La résolution réaffirme l'attachement au système par répartition tout en jugeant que le report de l'âge légal « n'avait pas de sens et n'en a toujours pas » pour les personnes éloignées de l'emploi. Ce positionnement illustre la ligne réformiste de la CFDT, qui la distingue de la CGT.
Un congrès de transition vers 2027
L'AFP décrit ce rendez-vous comme « un congrès de transition », entre le grand mouvement social de 2023 et l'élection présidentielle de 2027. La confédération entend peser sur l'agenda politique : la résolution avance des propositions comme la création d'une branche de la Sécurité sociale dédiée aux risques climatiques, ou un encadrement des écarts de salaire, rapporte Le Singulier. Entre une direction confortée et une caisse à consolider, la CFDT sort de Bordeaux moins divisée sur ses idées que sur les moyens de les financer.



