La canicule de juin a eu raison de la centrale nucléaire de Golfech. Dans la nuit du 22 au 23 juin 2026, EDF a procédé à l'arrêt de son réacteur encore en service, par anticipation de la hausse des températures de la Garonne. L'autre réacteur étant déjà à l'arrêt pour maintenance, c'est l'ensemble du site qui se retrouve à production nulle au plus fort de la chaleur. L'exploitant invoque le respect de ses « obligations environnementales », rapporte France 3 Occitanie.

Pourquoi un fleuve trop chaud force l'arrêt

Une centrale nucléaire produit de l'électricité grâce à la chaleur de la fission, mais elle doit en évacuer une partie en permanence. À Golfech, ce refroidissement s'appuie en partie sur l'eau de la Garonne, rejetée au fleuve à une température plus élevée. Pour protéger le milieu aquatique — poissons et organismes sensibles à la chaleur et au manque d'oxygène —, la réglementation encadre strictement ces rejets : la température de la Garonne ne doit pas dépasser 28 °C en aval de la centrale (seuil issu d'un arrêté à confirmer — À VÉRIFIER).

Lorsque le fleuve, déjà réchauffé par la canicule, s'approche de ce plafond, EDF doit réduire la puissance des réacteurs, voire les arrêter. C'est exactement ce qui s'est produit cette semaine.

Deux réacteurs, zéro production

La centrale de Golfech, mise en service au début des années 1990, compte deux réacteurs à eau sous pression d'une puissance unitaire de l'ordre de 1 300 MW. L'un était déjà indisponible pour maintenance ; l'arrêt du second prive donc le réseau de la totalité de la capacité du site. Le redémarrage n'interviendrait pas avant plusieurs jours, le temps que les températures redescendent durablement, indique franceinfo (calendrier À VÉRIFIER).

Un phénomène récurrent et qui s'aggrave

Golfech est coutumière de ces arrêts estivaux, comme le rappelle L'Info Durable. Le réchauffement climatique accentue mécaniquement le problème : les arrêts et baisses de régime liés à la chaleur des cours d'eau se sont multipliés ces dernières années. Ces volumes restent toutefois modestes à l'échelle du parc — de l'ordre de quelques dixièmes de pour cent de la production nucléaire annuelle —, mais ils pourraient croître nettement d'ici 2050 (chiffres à recouper — À VÉRIFIER).

Quel impact sur le réseau ?

L'arrêt d'une centrale de cette puissance en pleine vague de chaleur pourrait inquiéter, mais il a été validé par RTE, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité : Golfech a pu cesser de produire sans mettre le réseau en tension, l'équilibre offre-demande restant assuré par ailleurs. La vigilance reste toutefois de mise, car les pics de consommation liés à la climatisation coïncident de plus en plus avec les moments où les centrales en bord de fleuve doivent lever le pied — un télescopage que l'adaptation du parc nucléaire au climat devra apprendre à gérer.