Un village au bout d'une vallée
Allons est l'une de ces communes que les cartes signalent à peine : nichée dans les Alpes-de-Haute-Provence, à plus de 1 000 mètres d'altitude, elle compte environ 126 habitants, selon l'INSEE. Ici, faire ses courses ou rejoindre un médecin suppose une voiture — que tout le monde ne possède pas. Plutôt que de réclamer un transport en commun jugé trop coûteux et inadapté à si faible densité, la commune a choisi une autre voie.
Neuf euros la journée
Depuis début 2025, la mairie met à disposition une voiture électrique en autopartage, financée via le programme national Villages d'avenir. Le principe est simple : le véhicule est garé au centre du village, branché à une borne ; les habitants le réservent en ligne et paient à l'usage — autour de 6,50 € la demi-journée, 9 € la journée. L'investissement total, d'environ 48 000 €, a été pris en charge à 80 % par l'État, le reste par la commune.
Une adoption qui dépasse les attentes
Plus d'un an après, les chiffres parlent : selon le maire, plusieurs dizaines de conducteurs inscrits, des centaines de réservations et des dizaines de milliers de kilomètres parcourus. Personnes âgées sans véhicule, jeunes adultes, habitants dont la voiture est immobilisée : les profils sont variés, les usages aussi — courses, rendez-vous médicaux, sorties.
Un modèle qui essaime
Allons n'est pas isolé : d'autres communes rurales, comme Villerouge-Termenès dans l'Aude, ont adopté des voitures électriques partagées. La logique est partout la même : là où un bus tournerait à vide et coûterait cher, un seul véhicule mutualisé suffit à désenclaver une petite communauté. Une réponse modeste mais concrète au défi de la mobilité dans les campagnes.



