Un an et demi après la chute du régime

Le régime de Bachar al-Assad s'est effondré fin 2024 sous la pression d'une offensive rebelle, mettant fin à des décennies de pouvoir familial ; l'ancien président s'est réfugié en Russie. Depuis, une autorité de transition dirige le pays, rappelle France 24. La reconstruction des institutions avance lentement, sur fond de tensions communautaires et d'une situation humanitaire toujours critique.

Un procès historique, mais partiel

Au printemps 2026 s'est ouvert à Damas un procès présenté comme le premier acte de justice transitionnelle du pays, rapporte la RTBF. Bachar al-Assad et son frère Maher sont jugés par contumace, réfugiés à l'étranger. Parmi les accusés présents figure un cousin de l'ancien président, ancien responsable sécuritaire à Deraa — ville où la répression de manifestations en 2011 avait déclenché le soulèvement. Les chefs retenus relèvent de crimes graves (meurtres, tortures). D'autres figures du régime sont visées par la procédure.

La rue réclame davantage

Le procès n'a pas suffi à contenir les attentes d'une population qui veut « raviver l'âme de la révolution ». En juin, des manifestations exigeant justice ont traversé plusieurs régions ; certaines ont dégénéré en violences à caractère communautaire, documente Human Rights Watch, avec des agressions visant des personnes associées à l'ancien régime. Les autorités de transition ont déployé des forces pour contenir les débordements et condamné les actes de vengeance.

Une transition sous haute tension

Pour les Nations unies, la justice devra être « crédible » et viser tous les auteurs de crimes graves, souligne l'ONU, pas seulement les responsables de l'ancien régime. La transition syrienne entre dans une phase délicate : entre soif de justice, risques de représailles et reconstruction d'un État, l'équilibre reste précaire. (Le rythme des audiences et l'état des dossiers contre les accusés en fuite restent à préciser.)