Coup double pour l'aéronautique européenne. Airbus vient de décrocher une nouvelle commande géante en Chine : 95 avions vendus à deux compagnies chinoises, rapporte Le Progrès. Un contrat qui se chiffre autour de 15 milliards d'euros au prix catalogue.

Une commande massive

Les 95 appareils commandés relèvent de la famille des avions de ligne du constructeur, avec notamment des monocouloirs de la gamme A320neo, la plus vendue au monde, et des gros-porteurs pour les longues distances, précise BFMTV. Les livraisons doivent s'étaler sur plusieurs années.

Comme souvent dans ce type de contrat, le montant affiché correspond au prix catalogue : les compagnies aériennes obtiennent en réalité d'importantes remises pour des commandes de cette ampleur. Il n'empêche : l'opération représente une manne considérable pour le carnet de commandes du groupe.

La Chine, marché clé pour Airbus

Ce contrat confirme le poids stratégique du marché chinois pour Airbus. La Chine est l'un des plus grands marchés aériens de la planète, avec une demande de transport en forte croissance, et donc un besoin massif d'avions neufs dans les décennies à venir. Y être bien implanté est vital pour les grands avionneurs.

Sur ce terrain, Airbus a pris l'ascendant sur son grand rival américain Boeing, fragilisé ces dernières années par ses déboires industriels et par les tensions commerciales entre Pékin et Washington. Le constructeur européen enchaîne ainsi les commandes chinoises, consolidant une position de leader sur ce marché convoité.

Airbus a d'ailleurs renforcé son ancrage local en assemblant une partie de ses appareils directement en Chine, sur son site de Tianjin. Une présence industrielle qui facilite les relations commerciales et rassure un client aussi important.

Un atout pour l'industrie européenne

Pour Airbus, dont le siège est à Toulouse, ces contrats dépassent la seule performance commerciale. Ils sécurisent l'activité des usines, l'emploi qualifié et toute une chaîne de sous-traitants, en France comme dans le reste de l'Europe. L'aéronautique demeure l'un des fleurons industriels du continent et l'un de ses grands succès à l'exportation.

Le contexte n'est toutefois pas dénué de tensions. Les relations commerciales entre l'Europe et la Chine restent marquées par des rapports de force, et les grandes commandes d'avions s'inscrivent souvent dans une diplomatie économique plus large. Vendre massivement à Pékin, c'est aussi composer avec un partenaire stratégique et exigeant.

L'horizon de la concurrence chinoise

Enfin, cette dépendance mutuelle a une échéance. La Chine développe son propre avionneur et son moyen-courrier, le C919, avec l'ambition de réduire, à terme, sa dépendance à Airbus et Boeing. Pour l'heure, l'appareil chinois reste loin de rivaliser à grande échelle, mais il incarne une concurrence future que les Européens surveillent de près.

Consolider la relation commerciale avec la Chine tout en gardant une longueur d'avance technologique : tel est l'équilibre que doit tenir Airbus. En attendant, cette nouvelle méga-commande vient rappeler la vigueur d'une industrie européenne qui, sur le marché mondial de l'aviation, continue de jouer les premiers rôles.