Parmi les démonstrations les plus commentées de VivaTech 2026, du 17 au 20 juin à Paris, figurait une expérience présentée comme de la « télépathie » : un robot humanoïde de la marque Unitree qui tente de deviner à quoi pense un visiteur, à partir de l'analyse de ses ondes cérébrales. Derrière le dispositif, deux acteurs français : la start-up Habs et Innov8, distributeur européen des robots Unitree.

Qui est derrière la démonstration

Habs (Human Augmented Brain Systems) est une jeune pousse fondée en 2023 à Paris par Olivier Locufier. Elle développe une interface cerveau-machine non invasive — pas d'implant, contrairement à Neuralink — reposant sur quelques capteurs EEG et des modèles d'IA censés décoder des « neuromarqueurs » liés aux émotions ou à l'attention.

Comment l'expérience se déroule

Le protocole est précis et fermé. Le visiteur enfile un bandeau de capteurs, puis passe par une phase de calibration d'environ une minute. Il tire ensuite l'une de trois cartes — une personne aimée, une musique, un calcul mathématique — et y pense intensément, yeux fermés. Le robot désigne la bonne carte, puis se met à danser.

Ce que cela prouve — et ce que cela ne prouve pas

Il faut distinguer la démonstration de salon des capacités réelles. Ce qui est montré n'est pas un pilotage libre d'un robot par la pensée : c'est une classification entre trois états mentaux très différents (émotion, écoute musicale, calcul), que l'EEG sait effectivement distinguer dans des conditions contrôlées. Le robot ne « lit » pas des pensées au sens propre ; il associe un profil d'activité à l'une de trois catégories. Un taux de réussite de 97 % a circulé, mais il concerne ce contexte restreint et calibré, et reste invérifiable de façon indépendante. La fiabilité de l'EEG non invasif chute fortement dès qu'on multiplie les choix ou qu'on quitte un environnement maîtrisé.

Applications et limites

Habs vise des usages plus concrets que la « télépathie » : design émotionnel, sécurité, authentification. Ces perspectives restent prospectives. À ce stade, la démonstration vaut surtout comme vitrine : un signal réel, mesuré sur le crâne, suffisant pour un jeu de devinette bluffant — mais loin, encore, d'un cerveau qui commanderait un robot à volonté.