Partir en vacances en voiture électrique, est-ce raisonnable en plein chassé-croisé ? La question revient chaque été, alors que le parc de véhicules électriques grossit et que les grands axes voient converger des milliers de conducteurs au même moment, s'interroge Le Progrès.

Un réseau qui a beaucoup progressé

Première bonne nouvelle : le maillage s'est considérablement densifié ces dernières années. La quasi-totalité des aires d'autoroute est désormais équipée de bornes de recharge rapide, selon les acteurs du secteur comme Avere-France. Sur les grands trajets, trouver une borne n'est plus le parcours du combattant qu'il pouvait être il y a quelques années.

Le point de vigilance s'est donc déplacé : il tient moins à l'existence des bornes qu'à leur disponibilité au bon moment. Car aux heures de pointe des départs, la demande peut dépasser, ponctuellement, le nombre de bornes disponibles.

Là où ça peut coincer

Les tensions se concentrent sur quelques créneaux et quelques lieux. Un samedi de grand départ, en milieu de journée, sur une aire très fréquentée, il n'est pas exclu de patienter avant de brancher son véhicule, surtout si une ou deux bornes sont en panne. La file d'attente, plus que la panne sèche, est le vrai risque de l'été.

Ce phénomène reste toutefois circonscrit dans le temps et dans l'espace. En anticipant un peu, on l'évite le plus souvent.

Les bons réflexes

Quelques habitudes simples changent tout :

  • Planifier ses arrêts à l'avance, à l'aide d'une application d'itinéraire qui intègre les bornes et leur disponibilité, plutôt que de s'arrêter au dernier moment, batterie presque vide.
  • Recharger autour de 20-80 % : au-delà de 80 %, la charge ralentit fortement. Viser 80 % plutôt que 100 % réduit nettement le temps passé sur la borne, et libère la place plus vite.
  • Décaler ses horaires : éviter les pics (le samedi en milieu de journée, par exemple) fait souvent gagner plus de temps qu'une conduite plus rapide.
  • Prévoir un plan B : repérer une deuxième borne un peu à l'écart de l'autoroute, en cas d'affluence sur l'aire principale.

Un confort qui s'améliore d'année en année

Au fond, voyager loin en électrique est aujourd'hui tout à fait possible, à condition d'accepter une logique un peu différente de celle du plein d'essence : on recharge plus souvent, mais moins longtemps, et on cale ses pauses sur celles du conducteur.

Le réseau continue de s'étoffer et les temps de recharge de se réduire. La route des vacances en électrique n'a donc plus grand-chose d'une aventure, pour peu que l'on garde en tête ces quelques principes. De quoi partir l'esprit tranquille, la prise à portée de main.