Bruxelles hausse le ton face aux géants du numérique. La Commission européenne exige de Meta qu'il revoie les « interfaces addictives » de ses réseaux Instagram et Facebook, rapporte La Croix.
Des conclusions préliminaires au titre du DSA
L'offensive s'appuie sur le règlement sur les services numériques (DSA), le cadre européen qui impose aux très grandes plateformes des obligations en matière de protection des utilisateurs. À ce stade, la Commission a communiqué des conclusions préliminaires : elle estime que Meta ne respecte pas ses obligations, sans que la procédure soit encore arrivée à son terme, précise France 24.
Autrement dit, l'entreprise dispose désormais de la possibilité de répondre et de proposer des correctifs, avant qu'une décision définitive ne soit rendue.
Ce que Bruxelles reproche
Au cœur des griefs : le design même des applications, conçu pour capter et retenir l'attention. Sont notamment visés le défilement infini, la lecture automatique des vidéos, les notifications incessantes et des systèmes de recommandation très personnalisés, qui poussent l'utilisateur à rester toujours plus longtemps.
La Commission pointe les risques que ces mécanismes font peser sur le bien-être, physique et mental, des utilisateurs, et en particulier des mineurs, jugés insuffisamment protégés. Un sujet de santé publique de plus en plus documenté, alors que se multiplient les alertes sur l'addiction aux écrans et ses effets chez les plus jeunes.
Des sanctions potentiellement lourdes
Le DSA n'est pas un texte sans dents. En cas de manquement confirmé, une plateforme s'expose à une amende pouvant atteindre un pourcentage de son chiffre d'affaires mondial, ce qui, pour un groupe de la taille de Meta, représenterait une somme considérable.
Au-delà de l'argent, l'enjeu est aussi celui d'un possible changement de modèle : si Bruxelles obtient gain de cause, ce sont les ressorts mêmes de l'engagement sur ces réseaux qui pourraient devoir évoluer.
Meta sur la défensive
De son côté, Meta conteste l'analyse de la Commission et met en avant les dispositifs déjà déployés pour protéger les adolescents, comme les outils de contrôle parental et les limitations de temps d'usage. L'entreprise plaide que ces efforts ne sont pas suffisamment pris en compte.
Le bras de fer ne fait donc que commencer. Il s'inscrit dans une stratégie européenne plus large, qui vise à imposer aux grandes plateformes une responsabilité accrue sur les effets de leurs services. Pour des centaines de millions d'utilisateurs, en France comme ailleurs, l'issue de ce dossier pourrait, à terme, changer la façon même dont ils consomment les réseaux sociaux.



