Une PME d'environ 150 salariés installée près de Vannes équipe les plus grands laboratoires de physique de la planète. Sigmaphi, fondée en 1981 et implantée dans le Morbihan, vient de poser les jalons d'un nouveau chapitre industriel : une usine neuve à Saint-Avé, dans l'agglomération vannetaise, dont la livraison est attendue en 2026. L'opération illustre une forme rare de souveraineté technologique française — la maîtrise d'un savoir-faire que peu d'acteurs au monde possèdent.

Des aimants qui pèsent jusqu'à 100 tonnes

Sigmaphi conçoit et fabrique des électroaimants de précision pour accélérateurs de particules : des pièces qui vont du kilogramme à la centaine de tonnes, capables de guider et de focaliser des faisceaux de particules. L'entreprise revendique plus de quarante ans d'expertise dans leur conception, leur construction et leur installation, y compris dans des conditions extrêmes.

Le carnet de clients donne la mesure du positionnement de la maison. Selon la presse régionale, Sigmaphi a notamment équipé le CERN à Genève, le synchrotron Soleil (CNRS/CEA) à Paris-Saclay, ou encore le Jefferson Lab aux États-Unis. L'entreprise est régulièrement citée parmi les fournisseurs des grands instruments de la physique mondiale (la mention d'ITER comme client direct reste à confirmer — À VÉRIFIER).

Quatre marchés, l'essentiel à l'export

Les débouchés se répartissent sur plusieurs secteurs : recherche fondamentale, médical (radiothérapie et protonthérapie pour le traitement du cancer), énergie et industrie, détaille Usine de France. L'entreprise réaliserait près de 90 % de son chiffre d'affaires à l'export (chiffre À VÉRIFIER). Côté trajectoire, Bretagne Économique évoque un chiffre d'affaires d'une vingtaine de millions d'euros et des objectifs de croissance à 25 puis 30 millions à terme (montants À VÉRIFIER).

Regrouper les sites en un seul outil

La nouvelle usine doit mettre fin à l'éclatement des activités sur plusieurs implantations vannetaises. Le bâtiment totaliserait environ 7 000 m² bâtis sur un terrain de 17 000 m², avec une capacité de levage de 50 tonnes — un seuil qui doit permettre à l'entreprise de fabriquer en interne des aimants de plus grande taille, argument de compétitivité face à des concurrents étrangers bien plus volumineux. L'investissement, estimé à 11 millions d'euros, doit s'accompagner de plusieurs dizaines de recrutements (fourchette À VÉRIFIER).

Un enjeu de souveraineté

Au-delà de la croissance, l'enjeu est géopolitique. La fabrication d'aimants de haute précision constitue un goulet d'étranglement technologique mondial, dont dépendent à la fois le médical et l'énergie. Sigmaphi mise notamment sur la fusion nucléaire et les futurs tokamaks comme relais de croissance à long terme (projections À VÉRIFIER). Autant de marchés où la France entend garder, depuis le Morbihan, une longueur d'avance.