Il y a des annonces qui font basculer un tournoi de la rubrique sportive à la rubrique événement. Dimanche 21 juin, le All England Club a publié un message d'une sobriété trompeuse : « Serena returns. » Deux mots, et la planète tennis a retenu son souffle. À 44 ans, Serena Williams disputera bel et bien le simple à Wimbledon, qui se tient du 29 juin au 12 juillet, près de quatre ans après son dernier match dans la discipline.
Une invitation, la huitième et dernière
L'Américaine ne s'est pas qualifiée : elle ne possède plus aucun classement en simple, conséquence logique de sa longue absence. C'est donc par une invitation — la huitième et dernière wild card accordée par l'organisation pour le tableau féminin — qu'elle entre dans la compétition, comme l'a confirmé ESPN.
Car Serena Williams n'avait plus joué un seul match de simple depuis l'US Open 2022, conclu par une défaite au troisième tour face à l'Australienne Ajla Tomljanovic. À l'époque, elle avait évoqué une mise en retrait plutôt qu'une retraite tranchée, expliquant « évoluer » loin du tennis vers d'autres projets. La porte n'était pas tout à fait fermée. La voilà grande ouverte.
Le retour s'est préparé en double
Le come-back ne sort pas de nulle part. Ces dernières semaines, Serena a réendossé la tenue de compétition en double, aux côtés de jeunes joueuses, pour retrouver les sensations, le bruit de la balle, l'odeur des courts. À Wimbledon, elle jouera d'ailleurs aussi le double, renouant avec sa sœur Venus, partenaire historique de ses plus belles pages, précise franceinfo.
Une légende au palmarès vertigineux
Rappeler qui est Serena Williams tient presque de la formalité, tant elle a marqué son sport. Vingt-trois titres du Grand Chelem en simple, le record de l'ère Open chez les femmes : sept à l'Open d'Australie, trois à Roland-Garros, sept à Wimbledon et six à l'US Open. Son dernier sacre londonien remonte à 2016. À cela s'ajoutent quatorze couronnes en Grand Chelem en double, toutes glanées avec Venus, et l'or olympique en simple comme en double aux Jeux de Londres 2012, sur ce même gazon.
Quelles attentes, vraiment ?
Soyons lucides : à 44 ans et après une si longue coupure, personne n'attend Serena Williams en seconde semaine. Les observateurs présents lors de ses récentes apparitions en double notent un service toujours redoutable et une frappe intacte, mais des déplacements moins tranchants qu'à son apogée.
Mais la question du résultat est presque secondaire. Ce que Wimbledon offre, c'est un dernier rendez-vous entre une icône et le public d'un tournoi qu'elle a tant aimé, souligne Olympics.com. Quel que soit le score, le Centre Court vibrera. Et pour quelques jours, le tennis aura retrouvé l'une des plus grandes joueuses qu'il ait jamais portées.



