L'été brûlant n'épargne pas les vignes. Frappés par la sécheresse et les fortes chaleurs, les vignerons français redoutent une « petite récolte » cette année, alors que « le raisin est en train de dépérir » dans certaines parcelles, rapporte BFMTV.

Une vigne assoiffée

Comme le reste des cultures, la vigne souffre du manque d'eau. Privés de pluie et soumis à des températures élevées, les ceps subissent un stress hydrique : les feuilles se dessèchent, et les grappes peinent à se développer. Là où l'eau manque le plus, le raisin reste petit, voire se flétrit avant même d'arriver à maturité.

Les vignerons scrutent le ciel, dans l'attente de précipitations qui tardent. Chaque jour sans pluie accroît l'inquiétude, car la vigne, si elle est réputée résistante à la sécheresse, a tout de même besoin d'un minimum d'eau pour mener ses raisins à bon terme. Passé un certain seuil, c'est la récolte elle-même qui est menacée.

Vers des vendanges en repli

Conséquence directe de ce stress, une récolte annoncée en baisse. Des grappes moins nombreuses et des baies plus petites, cela se traduit mécaniquement par moins de volume dans les cuves. Beaucoup de professionnels s'attendent donc à une année modeste en quantité, et parfois à des vendanges plus précoces que d'ordinaire, la chaleur accélérant la maturation.

Tout n'est pas encore joué, cependant. L'ampleur des dégâts dépendra largement de la météo des prochaines semaines : une série de pluies bienvenues pourrait limiter la casse. De plus, la situation varie fortement d'une région et d'un terroir à l'autre, certaines vignes, mieux exposées ou plantées sur des sols plus retenteurs d'eau, résistant mieux que d'autres.

Quantité en berne, qualité incertaine

En matière de vin, quantité et qualité ne vont pas toujours de pair. Un millésime peu abondant n'est pas nécessairement mauvais : dans certains cas, un raisin qui a souffert peut donner des vins concentrés, aux arômes intenses. Mais l'équilibre est délicat, et une sécheresse trop sévère finit par nuire aussi à la qualité, en bloquant la maturation ou en stressant excessivement la plante.

Pour les vignerons, l'enjeu est aussi économique. Une petite récolte, c'est un revenu en baisse pour toute une profession déjà confrontée à de multiples difficultés. Après plusieurs années compliquées, une nouvelle vendange amputée pèserait lourd sur des exploitations parfois fragiles.

Le climat, défi majeur de la viticulture

Le cas de la vigne s'ajoute à une longue liste. Cet été, du blé aux oliviers, l'agriculture française fait les frais d'une sécheresse persistante, symptôme d'un climat de plus en plus imprévisible. La viticulture, particulièrement liée aux conditions météo, est en première ligne.

Face à ce défi, la filière cherche à s'adapter : choix de cépages plus résistants à la chaleur, évolution des pratiques, réflexion sur l'irrigation, jusqu'ici très encadrée dans le vignoble. Autant de pistes pour composer avec des étés qui, d'année en année, mettent la vigne à rude épreuve. En attendant, les vignerons n'ont d'autre choix que de patienter, et d'espérer que la pluie vienne, enfin, désaltérer leurs rangs.