Qu'est-ce que la radiothérapie FLASH ?

La radiothérapie classique délivre les rayons sur plusieurs minutes, en de nombreuses séances. La radiothérapie FLASH repose sur un principe différent : envoyer la dose à un débit ultra-élevé, sur une durée de l'ordre de quelques millisecondes.

L'enjeu est ce que les chercheurs appellent « l'effet FLASH ». Selon les études précliniques, cette irradiation éclair détruirait les cellules tumorales aussi efficacement qu'une radiothérapie conventionnelle, tout en épargnant davantage les tissus sains environnants. Le temps d'irradiation est par ailleurs si court qu'il « fige » tout mouvement de l'organe, ce qui pourrait améliorer la précision du ciblage. Le mécanisme biologique de cet effet protecteur reste cependant débattu, et la revue Medical Physics s'interroge encore : changement de paradigme ou effet de mode ? Le bénéfice clinique réel pour les patients n'est pas encore démontré chez l'humain à grande échelle.

L'entreprise française qui porte le projet

Le dispositif est développé par THERYQ, société de technologie médicale issue de l'entreprise PMB et appartenant au groupe industriel français Alcen. Elle a noué un partenariat avec Gustave Roussy, premier centre de lutte contre le cancer en Europe, à Villejuif.

Sa première machine, baptisée FLASHKNiFE, utilise un faisceau d'électrons à très haut débit de dose. Elle a été installée à Gustave Roussy en vue de lancer une étude clinique.

Où en est la technologie ?

FLASHKNiFE cible pour l'instant les tumeurs superficielles : des cancers de la peau, jusqu'à environ 3 cm de profondeur. Avant tout usage en routine, une étude clinique doit évaluer l'efficacité du procédé chez des patients atteints de cancers cutanés.

L'étape suivante vise plus haut. THERYQ et Gustave Roussy développent FLASHDEEP, un appareil à électrons de très haute énergie capable d'atteindre des organes profonds, jusqu'à une vingtaine de centimètres, en moins de 100 millisecondes. Le projet a été retenu dans le cadre du plan France 2030, avec un budget annoncé de 38 millions d'euros. L'installation d'un premier système clinique pour traiter des tumeurs profondes est espérée à l'horizon fin 2026, un calendrier qui reste à confirmer.

Promesses et précautions

Les promesses sont réelles : moins d'effets secondaires, des traitements potentiellement plus courts, un ciblage amélioré. Mais la prudence reste de mise : les dispositifs ne sont ni commercialisés ni autorisés à la vente, et il faudra attendre les résultats des essais cliniques pour confirmer si l'effet « éclair » tiendra ses promesses. La radiothérapie FLASH passe en France du laboratoire au chevet des premiers patients — une étape importante, mais une étape seulement.