Le serpent de mer de l'audiovisuel français refait surface. Interrogé ce 23 juin 2026 sur un éventuel rachat de M6, le PDG de TF1 Rodolphe Belmer a livré une réponse en demi-teinte : l'intérêt est réel, mais le moment n'est pas venu. « La réponse est oui, mais ce n'est pas d'actualité car le calendrier de la loi en France ne permet pas une cession de M6 avant mai 2028 », a-t-il déclaré, selon Boursorama — une formule reprise par Le Parisien et Sud Ouest, à l'origine de l'information.
Où en est le dossier
Le groupe allemand RTL Group, contrôlé par Bertelsmann, reste l'actionnaire de référence de M6. Le transporteur maritime CMA-CGM, dirigé par Rodolphe Saadé et déjà propriétaire de RMC-BFMTV, en est devenu un actionnaire important et un repreneur potentiel. La perspective d'une vente, que l'on croyait enterrée, aurait été relancée au printemps 2026, rapporte Génération NT. La presse évoque une valorisation d'environ 2,5 milliards d'euros (montant À VÉRIFIER), et l'action M6 a bondi à l'annonce des rumeurs.
Le souvenir de la fusion avortée de 2022
Ce regain d'intérêt ravive un échec cuisant. En 2022, TF1 (Bouygues) et M6 avaient renoncé à leur projet de fusion, faute de « logique industrielle » subsistant après les concessions exigées par l'Autorité de la concurrence, qui redoutait la création d'un géant dominant le marché de la publicité télévisée. Quatre ans plus tard, les mêmes acteurs reviennent à la table.
Les obstacles réglementaires
Le premier verrou est légal : une licence de fréquence TNT ne peut être cédée dans les cinq ans suivant son renouvellement, intervenu pour M6 en 2023 — d'où l'échéance de 2028 évoquée par M. Belmer (calendrier précis À VÉRIFIER). Une proposition de loi pourrait assouplir ces délais, mais elle est en suspens à l'Assemblée.
Le second verrou reste la concentration. Réunir TF1 et M6 concentrerait une part majeure des recettes publicitaires. Mais l'argument a évolué depuis 2022 : la montée de Netflix, YouTube et des géants du numérique pourrait justifier une lecture plus souple du marché. Pour Rodolphe Belmer, « la consolidation des acteurs français autour d'un grand groupe privé est indispensable » face aux plateformes. Derrière la prudence des déclarations se joue l'avenir d'un paysage audiovisuel français sommé de se restructurer — sans calendrier clair avant 2028.



