Qu'est-ce qu'un SMR ?
Les petits réacteurs modulaires (SMR, pour small modular reactors) sont des centrales nucléaires de faible puissance — généralement sous les 300 MW — conçues pour être fabriquées en série en usine, puis assemblées sur site. Face aux réacteurs géants, ils promettent des chantiers plus rapides, une emprise réduite et la possibilité d'ajouter des modules au fil des besoins.
Des jalons concrets outre-Atlantique
Aux États-Unis, plusieurs projets passent du papier à la réalité, rapporte BFMTV. Des conceptions ont obtenu le feu vert du régulateur (la NRC), des permis de construction ont été délivrés, et des géants de la tech — gourmands en électricité pour leurs centres de données et l'intelligence artificielle — signent des accords pour s'alimenter en nucléaire. L'objectif affiché : une électricité bas-carbone, disponible en continu, sans dépendre uniquement du réseau.
Des promesses à nuancer
L'enthousiasme doit toutefois être tempéré. La projection de « centaines » de réacteurs d'ici la fin de la décennie paraît très optimiste : à ce jour, seuls quelques SMR sont en construction dans le monde, selon l'AIEA. Les défis restent nombreux : coûts par mégawatt encore élevés tant que la production de masse n'est pas atteinte, calendriers incertains, gestion des déchets non résolue, et processus d'autorisation longs. (Les chiffres avancés par les industriels sont à considérer avec prudence.)
La France dans la course
Pays historiquement nucléaire, la France développe son propre projet de SMR, Nuward, piloté par EDF et ses partenaires, fondé sur la technologie éprouvée des réacteurs à eau pressurisée. Le projet bénéficie d'un soutien public et vise un déploiement à l'horizon 2030. Là aussi, l'enjeu sera de tenir les délais et les budgets — un défi récurrent de la filière nucléaire.
Une révolution à confirmer
Les SMR incarnent une piste sérieuse pour décarboner l'électricité et répondre à une demande en forte hausse. Mais entre les prototypes d'aujourd'hui et un parc industriel demain, l'écart reste grand. Le verdict viendra des premiers réacteurs réellement en service : leur coût et leur fiabilité diront si la promesse tient.



