Repenser la carte selon l'eau
Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise défendent l'idée de restructurer les régions autour des fleuves, c'est-à-dire de calquer le découpage territorial sur les bassins versants — ces zones où les eaux s'écoulent vers un même cours d'eau — plutôt que sur les frontières administratives héritées de l'histoire, explique franceinfo.
L'argument écologique
L'idée a une logique : les bassins versants forment des ensembles géographiques cohérents (relief, climat, ressource en eau). À l'heure du changement climatique et des tensions sur l'eau, gouverner « avec les fleuves » permettrait, selon ses promoteurs, une gestion plus intégrée — de la source à l'estuaire. La France connaît d'ailleurs déjà un découpage par grands bassins hydrographiques pour la gestion de l'eau, via les agences de l'eau.
Pourquoi ce n'est pas si simple
Mais transposer ce principe à l'organisation politique du pays soulève de nombreuses objections. D'abord, le poids de l'histoire et des identités : les régions actuelles s'appuient sur des héritages culturels forts, et la réforme de 2015 (qui a réduit le nombre de régions) reste mal vécue dans plusieurs territoires. Redécouper à nouveau, selon une logique purement hydrographique, risquerait de heurter ces attachements.
Ensuite, la complexité pratique : quelles compétences pour ces nouvelles entités ? Comment gérer la transition pour les habitants, les élus, les administrations ? La proposition, à ce stade, reste à l'état d'orientation plus que de projet abouti. (Le détail du dispositif — nombre d'entités, gouvernance — reste à préciser.)
Une piste de débat
Reste qu'au-delà de sa faisabilité immédiate, la proposition a le mérite de poser une question de fond : nos découpages administratifs sont-ils adaptés aux défis écologiques ? Sans aller jusqu'à tout redessiner, certains plaident pour renforcer la gouvernance par bassin versant au sein des structures existantes. Le débat, lui, est lancé.



