Derrière le monument, un homme

George Washington, c'est d'abord une image figée : le général de la guerre d'Indépendance, le premier président des États-Unis, le visage gravé sur les billets. C'est cette statue que l'historien Yves-Marie Péréon entreprend de réincarner dans Washington, le premier des Américains, paru aux éditions Tallandier. Professeur d'université, spécialiste de l'histoire anglo-saxonne, l'auteur cherche l'homme sous le mythe — ses doutes, ses ambitions, ses contradictions, comme le présente franceinfo.

D'un planteur de Virginie au sommet de l'État

Le livre retrace une trajectoire hors norme : celle d'un Virginien qui se forge une réputation militaire, prend la tête de l'armée continentale face à la couronne britannique, puis devient le premier président d'une jeune République en quête de ses institutions. Loin de l'hagiographie, l'ouvrage n'élude pas les zones d'ombre — à commencer par l'esclavage, que Washington a pratiqué, ou la question des peuples autochtones.

Inventer la présidence

L'un des apports majeurs de Washington fut d'inventer, par ses choix, la fonction présidentielle elle-même : refus d'un pouvoir personnel illimité, retrait après deux mandats, respect des contre-pouvoirs. Autant de précédents devenus des piliers de la démocratie américaine. À l'heure où ces équilibres sont, partout, questionnés, relire Washington n'a rien d'un exercice purement érudit.

Pourquoi le lire

L'ouvrage s'adresse à qui veut dépasser les images d'Épinal et comprendre comment un homme a contribué à façonner une nation — et une certaine idée du pouvoir. Rigoureux sans être aride, il rappelle que les figures fondatrices sont d'abord des êtres de chair, pris dans les contradictions de leur temps. Une lecture d'été exigeante, pour qui aime que l'Histoire éclaire le présent.