C'est une de ces « infos » qui tournent en boucle sur les réseaux sociaux : se maquiller dans le métro ou le train serait désormais interdit, sous peine d'amende. De quoi inquiéter les adeptes du coup de mascara matinal. Sauf que, vérification faite, c'est faux, comme le rappelle Le Progrès.
Ce que disent les transporteurs
Pour lever le doute, le plus simple est encore d'aller à la source. Interrogées, la SNCF comme la RATP sont formelles : il n'existe aucune règle interdisant de se maquiller à bord, et aucune amende n'est prévue pour cette pratique, confirme le média The Local. En clair, vous pouvez sortir votre rouge à lèvres dans le RER sans risquer la moindre contravention.
La rumeur, qui évoquait une amende bien précise, ne repose donc sur aucun texte. Elle relève de l'intox, ce type d'information fausse ou déformée qui se propage d'autant plus vite qu'elle paraît crédible et un brin scandaleuse.
Pourquoi ça a pris ?
Si cette rumeur a rencontré un tel écho, c'est sans doute qu'elle touche à un vrai sujet : celui du savoir-vivre dans les transports. Se maquiller en public a longtemps été considéré comme peu élégant, et cette pratique conserve, pour certains, une image un peu cavalière. La rumeur s'appuie sur cette gêne diffuse pour la transformer, à tort, en interdiction officielle chiffrée.
C'est un ressort classique des fausses informations : partir d'un fond de vérité sociale, un usage discuté, une règle de politesse, et le durcir en règle de droit. Le glissement du « ça ne se fait pas trop » au « c'est interdit et verbalisable » suffit à créer le buzz.
Ce qui est vraiment encadré
Cela ne veut pas dire que tout est permis. Ce qui peut, en revanche, poser problème, c'est de salir ou dégrader le matériel. Renverser du vernis ou du fond de teint sur un siège pourrait, en théorie, tomber sous le coup des règles interdisant de détériorer les équipements, au même titre que de la nourriture renversée ou des pieds sales posés sur une banquette. Mais on sanctionne alors le dégât, pas le geste de se maquiller en lui-même.
Les vraies interdictions dans les transports visent des comportements bien identifiés : fumer, consommer de l'alcool, importuner les autres voyageurs, dégrader ou frauder. Manger, somnoler ou se remaquiller, en revanche, relèvent du savoir-vivre, pas de la loi.
La morale de l'histoire
Cette petite affaire est un bon rappel : face à une information surprenante, surtout quand elle promet une amende ou une nouvelle interdiction, mieux vaut prendre le temps de vérifier avant de s'indigner ou de partager. Les transporteurs et les textes officiels, facilement consultables, permettent souvent de démêler le vrai du faux en quelques minutes.
En attendant, vous pouvez continuer à peaufiner votre teint entre deux stations l'esprit tranquille. La seule règle qui vaille reste celle du bon sens : un peu de discrétion, et surtout, ne pas transformer la rame en salle de bains. Le respect des autres voyageurs, lui, ne se décrète pas par amende, mais il fait toute la différence.



