Le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) a tiré la sonnette d'alarme le 23 juin 2026 sur ce qu'il décrit comme une « multiplication des atteintes à la liberté de création et de diffusion ». Une prise de position rare pour l'établissement public qui régule et finance le cinéma, l'audiovisuel et le jeu vidéo français.

Ce que dit le CNC

Dans sa déclaration, l'institution constate que les pressions exercées sur les artistes, les œuvres, les festivals ou les lieux culturels prennent « des formes diverses » mais ont toutes pour effet de « fragiliser les conditions du débat démocratique ». Le CNC annonce la mise en place d'une cellule d'accompagnement destinée aux cinéastes confrontés à des entraves (attribution nominative précise de la déclaration À VÉRIFIER).

Un déclencheur immédiat

La sortie du CNC intervient en réaction à l'appel au boycott visant le cinéaste israélien Nadav Lapid, exilé en France et critique du gouvernement de Benyamin Nétanyahou. Lapid a dû renoncer à participer au Festival international du cinéma de Marseille, après qu'un groupe de cinéastes a refusé qu'il siège au jury. Le réalisateur a dénoncé un appel « cruel ».

Des atteintes aux formes multiples

Le phénomène dépasse ce seul cas. Selon le baromètre 2024 de l'Observatoire des politiques culturelles, une part croissante de collectivités signale des entraves ou des atteintes. Les exemples documentés vont de déprogrammations municipales à des dégradations de lieux culturels. Les causes avancées sont plurielles : pressions politiques, accusations d'atteinte à des valeurs religieuses, mobilisations d'associations, harcèlement en ligne (part de chaque facteur À VÉRIFIER).

Le contexte d'un débat plus large

L'alerte du CNC s'inscrit dans un débat déjà ouvert : le 24 mars 2026, le Conseil économique, social et environnemental a adopté un avis, « Contrer les entraves aux libertés de la création », décrivant une « recrudescence » des entraves et une « autocensure massive » des créateurs. La prise de parole du CNC ajoute la voix d'un acteur central du financement à ces constats — sans faire l'unanimité, certaines voix replaçant ces débats dans un contexte de tensions politiques où s'opposent les définitions de la censure et de l'expression légitime.