Il y a des soirs où le hasard a un sens de l'ironie redoutable. Lundi 22 juin 2026, Iron Maiden attaquait « 2 Minutes to Midnight » devant une Paris La Défense Arena comble, à Nanterre, quand tout s'est éteint. Le titre, sorti en 1984, évoque un compte à rebours avant la catastrophe. Sur scène, le décompte s'est mué en panne sèche.

Une heure dans le noir et la chaleur

La coupure est survenue vers 21 h 40, alors qu'environ 30 000 personnes se pressaient dans la salle. Les groupes électrogènes de secours ont permis de rallumer l'éclairage, mais pas de relancer la sonorisation ni la production. Et, détail qui a vite pesé : la climatisation est elle aussi tombée, en pleine canicule parisienne.

Contrairement à ce que l'on pouvait craindre un soir de pic de consommation, l'incident n'est pas imputable au réseau. Selon le gestionnaire Enedis, cité par Defense-92, la panne ne proviendrait « pas d'un problème de réseau » mais bien de l'installation électrique propre à La Défense Arena.

Du grand chœur au grand agacement

Au début, le public a fait ce que font les fans de metal : il a transformé l'attente en fête, reprenant les refrains et scandant le nom du groupe dans la pénombre. Puis les minutes se sont étirées, et avec elles la lassitude, dans une salle privée d'air. Une partie des spectateurs a fini par sortir prendre le frais, faute de savoir quand la musique reprendrait.

Reprise à 22 h 43, sous la contrainte du couvre-feu

Le courant est revenu exactement une heure après la coupure. À 22 h 43, Iron Maiden a relancé la soirée avec « Rime of the Ancient Mariner », accueilli par une ovation, comme le rapporte L'essentiel. Mais le chanteur Bruce Dickinson a prévenu : le concert ne pourrait pas se prolonger au-delà de 23 h 30, en raison du couvre-feu sonore imposé par les autorités. Le groupe a donc dû boucler sa prestation au pas de charge, privant le public d'une partie du spectacle prévu.

Une tournée des 50 ans à enjeux

L'incident tombe en plein « Run for Your Lives World Tour », la tournée célébrant le demi-siècle d'existence du groupe formé en 1975. Pensée comme un retour aux sources, sa setlist puise dans les premiers albums, des classiques que les fans de Nanterre n'auront, cette fois, pas tous pu entendre. Une soirée qui restera dans les mémoires — pour de mauvaises raisons.