Figure singulière du cinéma français — à la fois médecin et cinéaste —, Thomas Lilti se trouve au cœur d'une controverse. À la suite d'une enquête publiée par le site d'investigation Mediapart, le réalisateur de la série Hippocrate est visé par plusieurs accusations émanant d'anciennes collaboratrices. Il les conteste fermement.

Ce que rapporte l'enquête

Selon les éléments rapportés par la presse, plusieurs scénaristes, en majorité des femmes, décrivent un mode de collaboration dans lequel leurs idées et leurs textes auraient nourri des œuvres ensuite attribuées principalement au réalisateur, sans reconnaissance proportionnée à leur contribution. L'enquête évoque des accusations de plagiat et de voyeurisme, ainsi que la poursuite d'une activité médicale après la radiation de Lilti de l'Ordre des médecins, prononcée en 2012.

Faute d'accès direct au dossier complet et compte tenu de la gravité des faits évoqués, le détail des témoignages et l'identité des plaignantes restent, à ce stade, à manier avec prudence (À VÉRIFIER).

La défense du réalisateur

Thomas Lilti réfute l'essentiel de ces mises en cause. Il revendique avoir largement participé à l'écriture de ses œuvres et invoque la logique du travail collectif, où la frontière entre inspiration partagée et appropriation peut être ténue. Il reconnaît avoir transmis un texte sans en mentionner l'autrice, mais assure que le projet concerné avait été abandonné et qu'aucun élément substantiel n'a été repris dans Hippocrate. Il dénonce par ailleurs une campagne qui serait menée par d'anciens proches.

Du serment d'Hippocrate à l'écran

L'affaire frappe d'autant plus que Thomas Lilti a bâti son œuvre sur le monde hospitalier. Ancien médecin, il connaît la notoriété avec le film Hippocrate (2014), plusieurs fois nommé aux César, puis Médecin de campagne (2016). La série Hippocrate, lancée sur Canal+ en 2018, a confirmé son statut de chroniqueur du soin.

À ce stade, ces accusations demeurent des allégations : aucune procédure judiciaire ni condamnation n'a été rendue publique, et Thomas Lilti bénéficie de la présomption d'innocence.