La Fondation Œuvre de la Croix Saint-Simon, pilier discret mais massif du secteur sanitaire et social francilien, traverse la crise la plus grave de son histoire. Placée en redressement judiciaire, elle s'achemine vers une cession de ses activités. Selon les éléments rendus publics fin juin 2026, 400 à 500 emplois resteraient menacés (À VÉRIFIER), alors même qu'une quarantaine de candidats à la reprise se sont manifestés.
Une fondation au cœur du soin francilien
La fondation n'est pas une structure comme les autres. Elle gère plusieurs dizaines de structures réparties sur plusieurs champs : la santé, la petite enfance, la protection de l'enfance, le handicap, l'accompagnement des personnes âgées, ainsi que la formation et la recherche.
Son activité de santé est emblématique : son service d'hospitalisation à domicile (HAD) est présenté comme l'un des plus importants de France et couvre l'Île-de-France. La fondation exploite aussi un EHPAD, des services de soins à domicile, un accompagnement médico-social et, côté petite enfance, environ 35 crèches, principalement à Paris.
Près de 1 800 salariés concernés
L'ampleur sociale du dossier est considérable : la fondation emploie environ 1 800 salariés, répartis entre la petite enfance, la santé, les services aux personnes âgées et handicapées, et la formation. C'est dans ce contexte que les chiffres les plus récents évoquent 400 à 500 postes en danger selon le scénario de reprise retenu, le sort des équipes dépendant directement de la capacité des repreneurs à conserver les structures et leurs personnels.
Aux origines des difficultés
Les causes de la chute sont multiples. Les analyses convergent vers un effet de ciseaux financier : tensions sur les subventions, hausse des coûts et des charges, surcoûts liés aux revalorisations salariales du secteur sanitaire et social. À cela s'ajoute une croissance organisationnelle rapide ces dernières années, qui aurait fragilisé l'équilibre économique de l'ensemble. Faute de retournement possible, les administrateurs judiciaires ont choisi d'agir vite afin d'éviter une liquidation totale, plus destructrice encore pour l'emploi.
Une quarantaine d'offres, beaucoup d'incertitudes
Une période de dépôt des offres de reprise s'est achevée à la mi-juin 2026. Le nombre exact d'offres varie selon les sources — autour de 37 à 40 (À VÉRIFIER). Plusieurs acteurs du secteur, associatifs comme mutualistes, examineraient le dossier. Les administrateurs disent privilégier trois critères : la solidité du projet, le nombre d'emplois préservés et l'adéquation avec les valeurs de la fondation. L'analyse des offres doit se dérouler durant l'été, pour une décision du tribunal attendue à l'automne 2026.
Une inquiétude sociale vive
Sur le terrain, les salariés sont mobilisés. Les représentants du personnel redoutent un démantèlement à la découpe et plaident pour une reprise globale de l'ensemble des activités, plutôt que des cessions morcelées. L'enjeu dépasse les murs de la fondation : derrière les chiffres, ce sont des patients hospitalisés à domicile, des résidents d'EHPAD et des familles d'enfants accueillis en crèche qui attendent, eux aussi, de connaître leur avenir.



