Il y a des soirées qui valent avertissement. Lundi, au MetLife Stadium, près de New York, la Norvège a soigné sa réputation de trouble-fête en battant le Sénégal (3-1) lors de la deuxième journée du groupe I. Et pour les supporters des Bleus, le spectacle avait un goût particulier : c'est cette équipe-là que la France retrouvera vendredi, dans un duel au sommet pour la première place.

Haaland, la machine ne s'enraye pas

Le scénario tenait en grande partie en un nom. Erling Haaland, déjà buteur lors de la victoire inaugurale contre l'Irak, a signé un nouveau doublé face aux Lions de la Teranga. Le buteur de Manchester City a d'abord conclu au point de penalty avant d'ajouter un second but, confirmant son statut de meilleur buteur de l'histoire de la sélection norvégienne. En deux matches, l'attaquant est en mission.

Mais réduire cette Norvège à son seul numéro 9 serait une erreur. L'ouverture du score est venue d'un défenseur, Marcus Pedersen, profitant d'une relance manquée de l'arrière-garde sénégalaise. À la baguette, le capitaine Martin Odegaard a une nouvelle fois orchestré le jeu offensif des Scandinaves, donnant à cette équipe une fluidité qui lui a longtemps fait défaut.

Le Sénégal puni, la qualification compromise

Les Lions n'ont pourtant pas démérité, et ont longtemps fait douter les Scandinaves. L'attaque sénégalaise, emmenée par Sadio Mané et Ismaila Sarr, est revenue à deux reprises dans la partie, poussant la Norvège jusqu'au bout d'un match plus serré que le scénario ne le laissait présager. Mais les hommes de Haaland ont tenu, l'emportant 3-2. Battu une deuxième fois après sa défaite inaugurale contre la France (3-1), le Sénégal voit sa qualification sérieusement compromise.

Groupe I : la Norvège devant, la France prévenue

Avec deux victoires en deux matches, la Norvège prend les commandes du groupe I, au coude-à-coude avec une équipe de France elle aussi victorieuse à deux reprises. Tout, ou presque, se jouera donc lors de la dernière journée : France-Norvège, programmé vendredi 26 juin. Le vainqueur s'emparera de la tête du groupe et, surtout, s'épargnera potentiellement un adversaire plus relevé dès les seizièmes de finale de ce Mondial à 48 équipes.

Que vaut cette Norvège ? Sur la foi de ses deux sorties, beaucoup. C'est une équipe joueuse, redoutable en transition, capable de marquer à tout instant grâce à un duo Haaland-Odegaard qui tourne à plein régime. Sa fragilité défensive, entrevue sur les deux buts encaissés face au Sénégal, reste une porte ouverte pour les Bleus de Didier Deschamps. Mais une chose est sûre : pour sa première Coupe du monde depuis 1998, la Norvège n'a rien d'une figuration. La France est prévenue.