La Cour des comptes a refermé le 22 juin sa cinquième campagne annuelle de participation citoyenne, lancée le 11 mai. L'exercice illustre l'appétit des Français pour le contrôle des comptes publics — mais aussi les limites d'un dispositif resté strictement consultatif.

Une plateforme pour orienter les enquêtes

Le principe est simple : sur une plateforme dédiée, tout citoyen peut proposer un thème d'enquête à la Cour et aux chambres régionales, puis soutenir les propositions des autres. L'objet est cadré : il doit porter sur le « bon usage de l'argent public », le fonctionnement des services publics ou l'évaluation des politiques publiques. La démarche s'inscrit dans le projet d'ouverture porté par le premier président, Pierre Moscovici, qui alerte par ailleurs sur des finances publiques « sous tension ».

Une participation en hausse

L'engouement n'est pas une vue de l'esprit : la campagne 2025 avait enregistré plus d'un millier de propositions et près de 15 000 soutiens et commentaires (chiffres À VÉRIFIER). Les sujets qui percent sont révélateurs des préoccupations du moment : dépenses des opérateurs de l'État, achats publics, remboursements indus, services publics numériques. La traque du gaspillage domine, sur fond de débat permanent sur les économies budgétaires.

Les limites de l'exercice

Le succès quantitatif ne dissipe pas les réserves. D'abord la représentativité : quelques milliers de contributeurs auto-sélectionnés en ligne ne constituent pas un échantillon de la population. Ensuite le biais de mobilisation : les votes favorisent les sujets médiatisés ou portés par des groupes organisés, au détriment de thèmes techniques mais coûteux. Enfin, et surtout, la portée purement consultative : les citoyens proposent, la Cour dispose, et ni l'exécutif ni le Parlement ne sont tenus de suivre les recommandations. Le risque de démagogie n'est pas absent — laisser croire qu'on équilibrerait les comptes par la seule chasse au gaspillage, alors que les grands postes relèvent de choix politiques.

Et après ?

La phase de sélection s'ouvre désormais, les enquêtes retenues devant être lancées dans les mois à venir (calendrier exact À VÉRIFIER). La Cour y voit un levier de transparence et de rapprochement avec les citoyens. Reste la question de fond : un outil de mobilisation civique peut-il peser sur des arbitrages budgétaires qui restent, eux, entre les mains du pouvoir politique ?