La vague de chaleur de ce mois de juin a relancé une querelle devenue rituelle : faut-il céder à la climatisation ? Accusée d'aggraver le mal qu'elle prétend soigner, la « clim » divise. Pour démêler le vrai du faux, mieux vaut écarter les slogans et regarder les chiffres.

La clim protège les plus fragiles

Premier point, rarement contesté : face aux fortes chaleurs, le rafraîchissement protège les publics vulnérables. Selon Santé publique France, l'été 2025 a été associé à plus de 1 900 décès directement attribuables à la chaleur (À VÉRIFIER), concentrés chez les 75 ans et plus. C'est pourquoi, depuis 2003, les Ehpad ont l'obligation de disposer d'une pièce rafraîchie. Les ménages précaires, logés dans des passoires thermiques, figurent parmi les plus exposés : l'enjeu est aussi social.

Pourquoi on parle de « fausse bonne idée »

Les critiques ne visent pas le principe de se protéger, mais l'effet de masse. Un climatiseur ne « fabrique » pas de fraîcheur : il déplace la chaleur de l'intérieur vers l'extérieur. Multiplié à l'échelle d'une ville, ce rejet alimente l'îlot de chaleur urbain : l'ADEME estime qu'une généralisation de la clim réglée à 23 °C pourrait augmenter la température extérieure de 2 à 3,6 °C d'ici 2030 (À VÉRIFIER). Côté électricité, la clim reste marginale dans la consommation mais pèse sur les pics : RTE chiffre la hausse à plusieurs centaines de mégawatts par degré (À VÉRIFIER). Enfin, les fluides frigorigènes HFC sont de puissants gaz à effet de serre, et un écart thermique brutal avec l'extérieur favorise les chocs thermiques.

Un équipement qui progresse vite

Le phénomène n'est plus anecdotique : d'après l'ADEME, la part de ménages équipés serait passée d'environ 18 % à 24 % entre 2023 et 2025 (À VÉRIFIER), un tiers de hausse en deux ans, alors que les canicules se multiplient.

Ce que recommandent les autorités

Le consensus officiel n'est ni « pour » ni « contre » : il prône un usage sobre et raisonné.

  • Réglez à 26 °C minimum et limitez l'écart à 5-7 °C avec l'extérieur. Passer de 23 à 26 °C divise nettement la consommation, selon l'ADEME.
  • Misez d'abord sur le passif : volets fermés en journée, aération nocturne, et brasseur d'air (ventilateur), qui consomme jusqu'à 50 fois moins qu'un climatiseur.
  • Entretenez l'appareil (filtres, contrôle des fluides par un professionnel).
  • Végétalisez et protégez : stores extérieurs, films solaires et plantes restent les meilleurs alliés durables.

La climatisation n'est donc ni le diable ni la panacée : vitale pour les publics fragiles, problématique si elle devient un réflexe généralisé et mal réglé. La vraie « fausse bonne idée », c'est de s'en remettre à elle sans avoir d'abord épuisé les gestes simples et sobres.