Ce n'est pas tous les jours qu'une lauréate de l'Oscar prend la parole au Parlement européen pour parler d'algorithmes. Le 23 juin 2026, l'actrice et productrice Cate Blanchett y a lancé le Human Consent Registry, un registre en ligne destiné à permettre à n'importe qui de déclarer comment — ou si — l'intelligence artificielle peut utiliser son identité, rapporte Variety.
De quoi s'agit-il exactement ?
Le registre est porté par RSL Media, une organisation à but non lucratif dont Cate Blanchett est cofondatrice (la direction revenant à Nikki Hexum). Le sigle RSL renvoie au protocole ouvert Really Simple Licensing, déjà adopté par des éditeurs pour encadrer l'usage de leurs contenus par les IA, détaille Gizmodo.
Concrètement, l'outil est gratuit, ouvert dans un premier temps aux résidents des États-Unis et de l'Union européenne. L'utilisateur crée un compte, puis choisit un niveau de consentement selon une logique de feu tricolore : vert (autorisé), orange (sous conditions) ou rouge (interdit). Il reçoit un Human Consent ID, censé être consulté par les systèmes d'IA avant d'intégrer une personne à leurs données d'entraînement. Le périmètre couvre « le nom, l'image, la ressemblance, la voix, les mouvements et autres attributs personnels ».
Une mobilisation de stars
L'actrice n'agit pas seule : le lancement, à l'invitation de l'eurodéputée Eva Maydell, était mené avec le réalisateur Steven Soderbergh, rapporte The Manila Times. L'initiative est soutenue par une brochette de stars (Clooney, Hanks, Streep, Bardem…). Le message se veut universel : « votre identité est votre propriété intellectuelle », martèle RSL Media. Derrière, une inquiétude partagée : l'usage non consenti des œuvres et des identités pour entraîner les IA génératives, et la prolifération des deepfakes.
Quelle valeur juridique ? Les limites
C'est là que le bât blesse. Le dispositif est volontaire et non contraignant : rien n'oblige les entreprises d'IA à consulter le registre ou à s'y conformer, note MLex. Sa valeur réside surtout dans la preuve : les enregistrements horodatés pourraient servir aux régulateurs ou aux ayants droit contestant un usage abusif. Autre réserve : l'utilisateur confie beaucoup de données personnelles à un tiers. RSL Media annonce déjà des registres complémentaires pour les œuvres, personnages et marques. Reste à savoir si l'industrie de l'IA acceptera de regarder le feu tricolore — et de s'arrêter au rouge.



