Alors que la France traverse un épisode de canicule record, la chaleur devient un motif de conflit social. Sur le site Stellantis de Mulhouse (Sausheim, Haut-Rhin), qui emploie environ 4 500 personnes, la CGT a déposé un préavis de grève courant du 23 au 28 juin pour dénoncer des conditions de travail jugées intenables.

Jusqu'à près de 40 °C dans les ateliers

Le site assemble notamment des modèles Peugeot. Selon les témoignages recueillis par la presse régionale, la température atteindrait des niveaux extrêmes dans certaines zones : un salarié évoque « 39,8 °C à 18 heures » au secteur mécanique, l'usinage étant « trois ou quatre degrés » plus chaud encore. Pour la CGT, « à situation exceptionnelle, la direction doit proposer un plan exceptionnel », le principal problème étant d'« arriver épuisé » à son poste.

Les revendications du syndicat

Le syndicat demande un ralentissement des cadences aux heures les plus chaudes, des pauses plus fréquentes et un dispositif inspiré du BTP permettant l'arrêt du travail en cas de fortes chaleurs, avec maintien de la rémunération (modalités exactes, pauses et éventuelle prime À VÉRIFIER). Le préavis prévoit un arrêt anticipé des équipes.

La direction met en avant son « plan canicule »

Du côté de Stellantis, la direction affirme appliquer une « procédure chaleur » (pauses supplémentaires, distribution d'eau, aménagements d'horaires « lorsque c'est possible ») et relativise l'ampleur du mouvement, évoquant un faible nombre de débrayages — un comptage que la CGT conteste au regard des températures relevées.

Ce que dit la loi depuis 2025

Le conflit s'inscrit dans un cadre juridique renforcé : le décret du 27 mai 2025, en vigueur depuis le 1er juillet 2025, impose une obligation de prévention des risques liés à la chaleur. L'employeur doit, rappelle le ministère de l'Économie, adapter l'organisation et les horaires, prévoir des temps de repos et fournir de l'eau fraîche, avec des mesures graduées selon les vigilances Météo-France. Le droit de retrait n'est, lui, pas automatique : il suppose un danger grave et imminent, apprécié au cas par cas.

Un signal au-delà de Mulhouse

Le cas Stellantis n'est pas isolé : cette vague de chaleur a relancé le débat sur la « grève thermique », ce ralentissement de l'activité imposé par la chaleur dans l'industrie, le BTP et les transports. À l'heure où les canicules se multiplient, l'adaptation des cadences aux épisodes extrêmes s'impose comme un nouveau terrain de négociation sociale.